Une bonne production oléicole en perspective

Il n’y a pas eu d’égrenage significatif, sauf au voisinage immédiat des incendies. On a même observé des arbres dont seuls les troncs ont été « léchés » par le feu porter encore des fruits en bon état et poursuivant leur processus de maturation. Et partout la production pendante augure d’une récolte abondante. Les agriculteurs, sitôt la période de ramadhan passée, commencent à prendre le chemin des champs. ça et là, des fumées montent à partir des collines et du fond des talwegs, attestant des travaux de défrichement en cours. On prépare les opérations de récolte et il faut donc désherber ce qui a repoussé depuis l’année dernière. Il faut préparer les sillons réceptacles des grains qui tomberont naturellement une fois mûrs, ou par gaulage. Dans la région des Ath Irathen, les agriculteurs ont coutume d’attendre que les grains soient bien mûrs. Ce n’est qu’une fois qu’ils ont commencé à virer au noir que le gaulage commence. Le taux d’huile dans le grain est alors à son maximum et la saveur parfaite. Mais il faudra également veiller à ce que cette opération ne s’éternise pas pour éviter qu’elle n’empiète sur la période de floraison, sinon c’est la récolte suivante qui s’en ressentira. L’olivier porte ses fruits sur le bois de l’année précédente, et une récolte tardive détruit les brindilles fructifères. Ici, la campagne de récolte des olives est une longue tradition érigée en mode de vie. Tout le monde participe, et même les écoliers y mettent du leur, surtout quand les étourneaux et les grives viennent à ajouter leur charme particulier au bruissement général des champs. Les vieillards, tant que leurs jambes les portent encore, viennent apporter leurs efforts aussi modestes soient-ils, leurs conseils, leurs appels à la prudence à l’endroit des « gauleurs ». L’ambiance est typique et pendant des siècles, l’olivier a rythmé la vie des bourgades de montagne. Nombre d’émigres prévoient leur vacances pour cette saison en vue de se retremper dans l’ambiance. Des citadins, depuis longtemps établis, viennent aussi de plus en plus, à la quête de l’huile tant appréciée. L’olivier reste l’arbre de prédilection des zones montagneuses et porteur d’une véritable culture rurale.

M. Amarouche