Bouguermouh est revenu de loin, après neuf mois d’hospitalisation et un long coma. Son épouse est resté à son chevet durant toute cette période, sans jamais le quitter. Interrogée sur cette douloureuse période, elle nous dira : «C’est un devoir de suivre son mari et d’être à son chevet. Je ne vois pas comment une femme peut-elle laisser son mari souffrir et rester seul. Pendant neuf mois, je ne l’ai pas laissé un seul jour, sauf la nuit, parce qu’il est interdit aux familles et parents de rester la nuit à l’hôpital. Mais je peux dire que si lui a souffert, moi j’ai souffert autant. Il était dans le coma, donc il ne savait pas ce qui se passait autour de lui alors que moi, parfois, je le voyais agoniser et revenir à la vie, j’ai vécu une angoisse et un stress insoutenables. » A la question des visites médicales et de la solidarité des uns et des autres elle répondra «ils ne nous ont jamais laissés, même les médecins parfois nous disaient qu’il y avait énormément de visiteurs, toutes les personnes qui venait le voir m’ont aidé et partagé ma douleur, je les remercie tous.
Je ne peux pas citer tous les noms, parce qu’il y en a des centaines, mais je peux dire que tous les artistes, qui résident en France, sont venus lui rendre visite, mais celui qui a été à nos côtés dès le premier jour et qui nous a accompagné même dans l’ambulance, c’est le poète Ben Mohamed, il ne nous a pas laissé un jour et c’est lui également qui était avec nous au retour, il a partagé nos joies et nos peines : j’ai vécu avec toutes ces personnes des moments d’émotions intenses. A l’occasion, je réitère mes remerciements et reconnaissance à madame la ministre de la Culture Khalida Toumi et à son chef de cabinet, madame Zahia Yahi, comme je remercie tous les étudiants(es) de la communauté algérienne en France, qui nous ont soutenu, sans oublier Salma Boukir, étudiante en sociologie qui a passé toute la période avec nous à l’hôpital, cela m’a beaucoup soulagé, d’ailleurs nous la considérons comme notre fille, vu toute l’aide apportée et le bien qu’elle nous a fait en France. beaucoup de gens ne connaissaient pas mon mari mais dès qu’ils ont su qu’il était hôpitalisé, ils sont venus le voir, et pour cela je dit merci à tous. »
A. Ch.
