Située à 70 km à l’ouest du chef-lieu de la wilaya, relevant de la daïra de Lakhdaria, la commune de Boukram n’est pas bien lotie en matière de développement local. Ainsi, les habitants de certains hameaux relevant de la commune, en l’occurrence les deux villages Mechara et Ferkioua, distants de 5 km du chef-lieu communal souffrent de manques chroniques et multiples, notamment en infrastructures publiques.
Les ressources hydriques et le secteur de l’éducation restent de loin les secteurs où la souffrance se fait le plus sentir, c’est du moins ce que nous ont confié les habitants rencontrés sur les lieux. S’agissant du premier problème, la solution palliative consistait en l’achat de 4 citernes d’eau par mois à raison de 600 DA l’unité. Et par les temps qui courent, où le pouvoir d’achat ne cesse de s’éroder, il n’est pas évident que l’ensemble de la population puisse arriver à satisfaire ses besoins en la matière.
Le transport scolaire, quant à lui, n’est pas aussi reluisant puisque le CEM est à 12 km tandis que le lycée sis à Bouderbala est à 20 km des lieux.
Les dépenses financières journalières de ces familles pour le seul transport ne sont pas aussi minimes qu’elles apparaissent. Les infrastructures sanitaires sont elles aussi mises à l’index puisque d’après les témoignages des citoyens de ces deux villages « il n’y aurait pas une seule personne qui aurait bénéficier d’une injection dans le dispensaire depuis 1993 ». Pire encore et en particulier pour le village de Mechara qui traverse oued Larbaa. Ici une fois la saison des crues arrivée, pas le moindre moyen de transport du malade vers les structures de santé de Lakhdaria, situées à une trentaine de kilomètres.
Les mêmes difficultés sont à mentionner pour le réseau routier délabré et non goudronné. Le manque des centres de formation professionnelle fait également défaut, et à cela s’ajoute le chômage qui ne cesse de monter crescendo. Le problème du chômage qui touche des pans entiers de la société, particulièrement les jeunes est dû à l’absence d’entreprises et des investissements dans la région. « Seul 5% de la population y travaille, pour les autres, l’attente semble être leur sort », avaient signalé les citoyens. Le recul que connaît ces dernières années l’activité agricole au niveau de la commune qui fut jadis une des principales sources de revenus ne semble plus, par les temps qui courent, être l’attrait de la frange juvénile.
L’habitat rural, clôt partiellement la liste des manques chroniques relevés au niveau de cette localité, puisque selon les dires des citoyens, pas le moindre programme en la matière n’est inscrit, alors que la localité a été même touchée par le tremblement de terre de Boumerdès.
Telle est en somme la situation des deux localités dont une cinquantaine de familles lancent un cri de détresse aux pouvoirs publics afin d’apporter des correctifs en matière de politique de développement local qui par voie de conséquence atténuerait sensiblement les dures conditions de vie actuelle. A souligner que dans ce volet, la commune de Boukram a bénéficié de l’inscription d’un nouveau CEM d’une enveloppe de plus de 5 milliards de centimes et d’une bibliothèque communale d’un montant de 7,5 millions de dinars, en plus pour un projet visant la réalisation de 20 locaux professionnels pour un montant de 18 millions de dinars.
En outre, un projet d’une salle polyvalente à Gadir dont le coût de réalisation est estimé à 8 millions de dinars a été inscrit. L’ensemble de ces opérations sera lancé avant la fin de l’année en cours.
S’agissant de l’aire de jeux, elle verra l’achèvement de ses travaux au courant de la même année. Une enveloppe budgétaire de 3 milliards de centimes a été déjà allouée au projet. Une fois ces projets achevés, la vie reprendra certainement son cours normal au niveau de cette localité qui a énormément souffert pendant la décennie noire et la guerre de Libération. A signaler enfin qu’il sera procédé à l’inauguration d’une stèle avec une liste de 320 chahids.
F. K.
