Le cas des habitants du bidonville ex-Base-Vie et ceux de la « cité Brûlée » illustrent bien cette situation en l’absence de la moindre initiative, du moins pour le moment, de résorber l’habitat précaire. Certes des tentatives ont eu lieu pour restructurer des sites où il y a une forte concentration de constructions menaçant ruine, comme à la cité-Chouhada où de nombreux chefs de famille ont bénéficié soit d’un lot de terrain ou d’un recasement, mais depuis rien n’est venu pour redonner espoir à des familles qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Il faut dire, chose que personne n’ignore à Boghni, que le plus gros dans le domaine de l’habitat a été réservé au logement promotionnel et à un degré moindre aux logement participatif et coopératives immobilières.
Ce choix, même s’il est dicté par l’impérieuse nécessité de participer à la nouvelle politique d’urbanisation ayant touché le centre du périmètre urbain, a profité surtout aux plus nantis, les seuls à pouvoir affronter les conditions d’accès à ce type de logements. De ce fait, mis à part quelques unités qui devaient être attribuées dans le cadre social sans toutefois pouvoir concrétiser ce projet en raison du squat dont elles ont fait l’objet de la part de citoyens lesquels somme toute dans leur majorité figuraient parmi la grande liste des demandeurs de logements sociaux. Le programme de construction de nouveaux sites n’a pas été réactivé, ce qui a laissé place à des propositions qui arrangent beaucoup plus les promoteurs immobiliers, tentés de profiter de cet état de faits pour se lancer dans des projets qui demandent une contribution financière assez conséquente des postulants. En somme, avec cette politique la ville de Boghni connaît un exode d’un autre type, celui des habitants des localités avoisinantes telles Maâtkas, Boumahni, Ouadhias et d’autres au détriment, faut-il le signaler, des habitants de la commune.
M. Haddadi
