Les bouchers ambulants recasés

Cependant, leurs étals, sans aucune norme d’hygiène, ont toujours été montrés du doigt par les citoyens, soucieux de leur santé. Pour des raisons inconnues, ils ont, depuis quelques années, déserté les échoppes qu’on leur avait attribuées afin de leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. Abandonnées aux détritus de toutes sortes, les boutiques étaient devenues des dépotoirs d’où se dégageaient des odeurs nauséabondes. Il y a quelques jours, à la faveur d’une légère réorganisation des lieux, les vendeurs de viandes ont récupéré leurs échoppes et s’y sont installés. De petits aménagements ainsi qu’un coup de peinture, donnent à l’endroit un meilleur aspect, sans toutefois approcher les normes en matière de salubrité.

Ce genre de commerce où l’on vend des produits aussi sensibles que les viandes, doit, en effet, faire l’objet d’une attention particulière de la part des services de l’hygiène. Le carrelage, la faïence sur les murs, et le bétonnage des devantures représentent le minimum requis pour une boucherie. « Ce genre d’activité a toujours sa place au sein des marchés. Les gens achètent nos produits et personne n’en est mort », a affirmé un marchand. Il est vrai que certains citoyens, attirés par les prix concurrentiels affichés en ces lieux, ne semblent pas incommodés par ces odeurs, la boue ou la viande étalée sur des tables nues ou recouvertes, seulement de plaques de cartons. Partant du principe que « le feu tue les microbes », ils s’approvisionnent sans réticence aucune.

Il faut ajouter, aussi, que certains consommateurs sont attirés par ces « ambulants » parce qu’ils y trouvent des produits non commercialisés dans les boucheries de la ville.

En effet, en dehors du mois de carême, la viande de mouton ou de bouc n’est mise en vente qu’au « souk ». Les boucheries de la ville ne proposent que le bœuf ou le poulet. Le risque de maladie n’est pas, pour autant, écarté.

A. O. T.