Ainsi les villageois qui se sont mobilisés ont procédé à l’occupation de cette université avant de rejoindre la RN 12 qu’ils ont fermée à la circulation. Les protestataires ont, par ailleurs, empêché les quelques étudiants de rejoindre leur classes ainsi que les travailleurs et autres ouvriers, renvoyant ainsi la tant attendue rentrée universitaire dans le pôle à une date ultérieure. « On ne nous a pas laissé le choix. On a frappé à toutes les portes en vain, nous voulons nous faire entendre… « , dira un jeune villageois. « Nous avons décidé de cette action d’un commun accord lors de l’assemblée générale tenue hier, » explique-t-il encore. Il faut dire, en effet, que tout le village de Tamda a suivi le mot d’ordre de la manifestation. outre l’occupation des lieux, l’ensemble des commerçants de Tamda a, en effet, baissé rideau. « Il y va de l’intérêt de nous tous, nous avons toujours réclamé une quote-part du recrutement dans le nouveau pôle en vain », dira un membre du comité de village de l’ex-Tazazrayte. Et de reprendre que « c’est grâce à nos pères et grands-pères que ces terrains où est installée cette université ont été préservés, nous estimons que quelques postes de travail nous reviennent de droit. «
Selon ce dernier, le comité du village a recensé plus de 200 chômeurs au niveau de la localité. « Aucun de nos villageois n’a été recruté, c’est inadmissible! », relève un jeune. Défiant le froid et surtout la pluie qui ne s’est pas arrêtée de tomber, les manifestants ont investi l’université de Tamda dès les premières heures de la matinée. Ils ont ainsi occupé le portail principal interdisant tout accès. Les quelques étudiants qui arrivaient à bord des bus ou autres ont été priés de rebrousser chemin. Leur détermination à aller jusqu’au bout de leur action était grande à tel point que même le déplacement du chef de daïra de Ouaguenoun qui s’est dépêché sur place a été sans résultat. « Nous voulons rencontrer le wali, si cette action ne suffit pas, nous procéderons à la fermeture de la Route nationale, » menace un villageois.
Finalement, la patience des protestataires n’a pas duré puisque au bout d’un peu plus de deux heures d’attente, ceux-ci ont décidé de passer à une autre forme de contestation. Vers 10h 30mn, ils ont ainsi décidé d’investir la RN12 qu’ils ont bloquée au niveau de l’embranchement situé à la hauteur de leur village. Une action qui n’a pas été sans conséquence puisque aussitôt un immense embouteillage s’est formé d’un côté comme de l’autre.
En effet, les automobilistes ont dû rebrousser chemin pour emprunter d’autres passages, en passant par la localité de Tizi-Rached, via Tala Amara. A vrai dire, même sans cette manifestation, la circulation routière est difficile au niveau notamment de ce village de Tamda qui a été inondé à la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région.
Ses différentes ruelles ainsi que son boulevard principal étaient gorgés d’eau. Les avaloirs installés dernièrement n’ont pu que limiter les dégâts. Ainsi, Tamda aura vécu une autre journée trouble. Pour rappel, les mêmes villageois ont procédé il y a presque un mois à la fermeture de la route pour réclamer l’amélioration de leur cadre de vie. Une action qui n’a pas été vaine puisque aussitôt plusieurs projets ont été lancés dans le village. Reste à savoir quelle suite sera donnée à la manifestation d’hier.
L’université de Tamda, l’utile en attendant l’agréable !
« Je me demande comment vais-je étudier dans ces conditions… » Cette exclamation est d’un jeune villageois de Tamda qui a eu l’occasion de découvrir de près l’état de l’université de Tamda qui devait recevoir ses étudiants hier. En fait, c’est la phrase qui revenait dans toute les bouches des protestataires qui ont eu l’opportunité de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement durant leur action, puisque ceux-ci ont occupé les lieux, hier.
« C’est invraisemblable. Ces institutions sont encore en chantier », relève un autre habitant. Ces remarques ne nous ont pas laissés indifférents. Nous avons jugé ainsi utile de vérifier ce constat d’autant que même ces étudiants affectés dans cette université ont à maintes fois manifesté leur refus de rejoindre cette université, faute de commodités. C’est ainsi qu’on a découvert, à l’issue de notre tournée sur site, que celui-ci n’est pour ainsi dire pas complètement fini puisque quelques retouches restent encore à effectuer notamment au niveau de l’entrée de l’un des immeubles, qui reste entièrement nue. Sinon plusieurs classes et salles sont livrées dans la mesure où elles sont dotées de tout le nécessaire, à savoir les tables, chaises…
Elles sont aussi dotées de radiateurs. Nous avons même osé ouvrir un robinet d’eau potable pour découvrir que ce précieux liquide coule. A vrai dire, il était facile de constater que cette université a été livrée à la hâte pour un besoin pressant d’accueillir les étudiants que les autres instituts de l’université Mouloud-Mammeri n’arrivent plus à contenir. Les responsables du secteur, peut-on conclure, ont fait de leur mieux, mais dans la précipitation, pour l’ouverture de ce pôle, et ce, en faisant en sorte de garantir le nécessaire qui permettra le déroulement des études.
Dans les conditions actuelles, l’université de Tamda peut s’ouvrir aux étudiants mais des améliorations sont encore attendues. Il est à noter qu’une bibliothèque ainsi que des laboratoires sont fin prêts sur les lieux et n’attendent que les étudiants. En somme, le nécessaire y existe en attendant l’agréable.
Quoi qu’il en soit, la rentrée des étudiants et le début des cours prévus pour hier au niveau donc de cette université de Tamda sont renvoyés à une autre date à la suite de la manifestation des habitants de Tamda.
M. O. B
