Deux individus ont comparu, ce week-end, devant les assises de la cour pénale de Boumerdès, pour les chefs d’inculpation d’adhésion à groupe armé et d’apologie au terrorisme. Le représentant du ministère public a prononcé à leur encontre des peines allant entre 10 et 20 ans de réclusion criminelle. Le juge a respectivement limité les dites-condamnations à cinq et trois ans de prison ferme. Agé de 29 ans et répondant au nom de G. Omar, le premier mis en cause a été arrêté à Benchoud, en 2005, par la police judiciaire locale. Les policiers qui avaient fouillé alors le domicile du prévenu, ont trouvé des photos et C. D dont le contenu glorifie le « djihad en Algérie ».
Les photos montrent des attaques terroristes ayant endeuillé la contrée de Béjaïa, entre 1994 et 1996. Et le C. D s’intitule « El Djahim Lil Mourtadine », la géhènne pour les apostats. L’accusé a déclaré que ces photos et C. D appartiennent à son frère Hamza, qui avait basculé dans le terrorisme en 2004. Rendant son verdict, après les délibérations ayant succédé aux plaidoiries, le juge a condamné Omar G à cinq ans de prison ferme.
La cour pénale du chef-lieu de wilaya qui poursuit sa 3ème session criminelle 2008, a examiné ensuite le cas du nommé Billal. M, inculpé de soutien à groupe armé. Agé de 27 ans, celui-ci a été arrêté, en janvier 2008, au chef-lieu de la commune de Legata, dans le cadre du démantèlement d’un réseau de l’ex-GSPC. Les services locaux de sécurité l’avaient fortement soupçonné, alors, d’accointances avec une serriate sanguinaire d’El Arkam commandée par Tadjer Mohamed, Alias Moha Jack. L’on rappellera que ce chef terroriste a été abattu, début mai 2008, lors d’une embuscade militaire qui lui a été tendue entre Thenia et Si Mustapha. L’inculpé Billal. M avait agi pour le compte de Moha Jack, quelques mois auparavant. Selon l’arrêt de renvoi, il facilitait le déplacement des terroristes, particulièrement au niveau des agglomérations secondaires de Legata. L’accusé a déclaré qu’il vivait constamment sous la menace de ce groupe sanguinaire. D’après lui, il s’était réfugié pendant quelques temps à Aïn Benian. Et « même-là, Moha Jack me contraignait à agir pour son compte, en me demandant de lui acheter du valium »… « Chose que j’ai refusée », a-t-il ajouté. Plus tard, avant son arrestation, les terroristes lui aurait acheté un véhicule, selon l’acte de renvoi.
Le représentant du ministère public a requis à son encontre une peine de 20 ans de réclusion criminelle.
Le juge l’a finalement condamné à trois ans de prison ferme.
Salim Haddou
