La cour de Bouira a rendu hier son verdict dans une affaire liée au terrorisme en condamnant le dénommé Farid K à la peine capitale. Arrêté par les services de sécurité au milieu des années 1990 pour appartenance à un groupe terroriste, l’accusé sera condamné à 5 ans de prison en 96, avant d’être relâché en 99 dans le cadre de la loi de la concorde civile.
En 2005, il sera de nouveau arrêté en possession de faux papiers, notamment une fausse carte d’identité du nom de Mourad C. par les services de sécurité, à la station de fourgons de Boussaâda dans la wilaya de M’sila.
Poursuivi pour meurtre avec préméditation, appartenance à un groupe terroriste et faux et usage de faux, le prévenu, qui s’est présenté hier à la barre, a plaidé son innocence en disant que depuis son relâchement en 1999, il avait exercé plusieurs métiers et n’avait en aucun cas une relation avec les groupes terroristes. Questionné par le juge sur le pourquoi de sa présence à Boussaâda, il répondra qu’il y était allé faire des soins. Enchaînant ses questions, le juge rappellera alors au prévenu les propos contenus dans les PV d’audition, des propos qu’il avait tenus lors de sa déposition devant le juge d’instruction.
Des déclarations dans lesquelles il aurait reconnu avoir rejoint en novembre 2000 le maquis de Chréa de Blida dans les rangs de la Katibat El Houda où il avait passé 5 mois, avant de rejoindre un autre maquis de la région où il y restera 18 mois.
Il aurait par la suite rejoint la Katibat El Farouk qui sévissait dans la région de Boghni. Reprenant la parole, l’accusé dira que certains de ces propos avaient été tenus dans un climat de peur et de confusion et qu’il allait saisir le procureur à ce sujet.
Chose qu’il n’avait apparemment pas faite. Juste après, ce fut au tour du représentant du ministère public de prendre la parole pour dire que F. K. avait bénéficié comme beaucoup d’égarés de dispositions de la loi de la concorde civile, mais qu’il avait fini par trahir la confiance des autorités au moment où de nombreux repentis sont rentrés chez eux parmi la population. Le procureur s’interrogera sur le but recherché par le prévenu en falsifiant son identité. Ainsi, il requerra la peine capitale à l’encontre du prévenu.
De leur coté, les avocats de la défense ont insisté sur le caractère infondé des accusations. Ils diront en substance que leur client est certes coupable d’avoir usurpé l’identité d’une autre personne mais aucune preuve concrète n’existe quant à son appartenance à des groupes terroristes. Le prévenu ne doit pas être jugé sur son passé, s’accordent à dire les avocats.
Après délibérations, le prévenu a été reconnu coupable pour les chefs d’inculpation de meurtre avec préméditation, appartenance à un groupe terroriste et faux et usage de faux. Le verdict de la cour a été alors la peine capitale.
Djamel M.
