Pour cela, en effet, les disquaires veillent au grain sans se douter qu’ils portent préjudice à l’environnement. Les baffles et le matériel ayant servi durant l’été, pour les disc-jockey, ne sont pas rangés. En attendant l’année prochaine, ils continuent de diffuser de la musique non-stop, devant les magasins de vente de cassettes et autres CD.
Bien orientées vers l’extérieur, comme pour agresser passants et résidants, elles diffusent toutes sortes de chansonnettes dont certaines truffées d’insanités. Incommodés par le bruit et le vocabulaire indécent, les riverains n’ont d’autre alternative que de fermer leurs fenêtres pour réduire ces nuisances.
La musique, suivant le goût du vendeur, s’entend de très loin. Chaque rue possède son D-J attiré qui, dès huit heures du matin, parfois bien avant, met ses machines en route. Et toute la journée, il joue à “qui mieux mieux” avec ses collègues.
Il paraît que tout ce vacarme a pour but d’attirer la clientèle et de s’imposer sur la place. Quel que soit le lieu où vous vous trouvez vous ne risquez pas de rater le dernier album qui vient de sortir. On vous rabâche, toute la journée, le dernier tube de tel ou telle avec une telle puissance de son (ou plutôt de bruit) que vous comprenez difficilement les paroles.
Vous ne trouverez de repos qu’une fois que vous aurez quitté la cité. Quant aux résidants, ce n’est que la nuit tombée qu’ils peuvent enfin avoir un peu de calme. Certains locataires, las de cette situation, se seraient rapprochés de leurs voisins vendeurs de CD, pour leur demander, à l’amiable, de baisser le son de leurs hauts parleurs, mais en vain. Ils auraient, en désespoir de cause, déposé une plainte à l’encontre de ces commerçants indélicats qui ne s’embarrassent d’aucun scrupule pour vendre leur marchandise. Quant au repos des citoyens, il devrait être assuré par la loi. Certaines activités pouvant générer des nuisances aux riverains, devraient être régies par des textes à l’instar des salles des fêtes. Posséder un registre du commerce ne donne pas pour autant le droit à son propriétaire d’en user au détriment de la communauté.
A. O. T.
