»Place au sachet alimentaire »

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Un sachet qui semble polluer la vie de tous le monde — le ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire en tête — en dépit de son succès mesurable au degré de son utilisation, jusqu’à devenir le roi incontesté de nos emballages tous secteurs confondus. C’est à partir de là, que l’Etat doit passer à l’action et le faire disparaître de notre quotidien. La décision prise et le compte à rebours de sa mise à mort est fixé au 10 juillet 2005. Ainsi, le ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, Chérif Rahmani, était hier matin, au marché « Nelson » de Bab El Oued, dans le cadre de l’opération d’éradication de ce sachet noir, qui a pris effet, comme cité précédemment, à partir d’hier. Quelque temps avant l’arrivée du ministre, des enfants boy-scouts de l’USM, ont distribué des sachets blancs et d’autres couleurs aux vendeurs exerçant dans ce marché, auxquels on a laissé comme consigne de mettre de côté leurs sachets noirs, à en croire certains vendeurs. Cette visite est motivée par le souci, dira le ministre, d’ « expliquer aux utilisateurs de sachets noirs (marchands, clients et autres) la nécessité de ne pas avoir recours à ce genre d’emballages, nocif autant pour l’environnement et la santé », et ce, en misant sur « le débat de proximité » pour mieux transmettre le message. Cette virée en est l’exemple. Chérif Rahmani fera le tour des marchands, en ayant de petites discussions avec eux, écoutant leurs doléances et leur conseillant de recourir aux sachets dits « alimentaires » et d’évitant ce « satané » sachet de couleur noire.Pour certains, marchands comme clients, l’occasion est vite saisie pour « vider son sac », en étalant ses problèmes, professionnels pour les uns et personnels pour les autres. Ce n’est pas tous les jours qu’un aussi haut représentant de l’Etat est à leur portée, en tant que simple citoyen. Et tant pis si ce ministre là n’a rien avoir avec la nature de leurs doléances. On demandait pêle-mêle, travail, logements baisse d’impôts, conditions de travail, baisse des prix des produits… Tout y passe. Chérif Rahmani s’efforçait visiblement de garder son calme et d’écouter religieusement les doléances de tout ce beau monde et de répondre comme il peut. Où en est-on de cette opération d’éradication lancée tambours battants ? « Nous sommes sur la bonne voie », déclare le ministre, qui insiste sur l’impératif de « pérenniser l’opération ». La vraie alternative assurera Chérif Rahmani est le sachet biodégradable qui se désintègre dans la nature non pas en 100 ou 400 ans, comme c’est le cas de certains emballages actuels, mais en seulement …un mois. Mais on n’en est pas encore là, même Outre-mer. Le « point de presse » improvisé par le ministre, nous apprendra que l’Etat a réalisé une cinquantaine de décharges d’enfouissement technique des déchets, qui sont une bonne solution surtout pour les millions de stocks de sachets noirs. Il soulignera aussi que des aides financières sont dispensées pour des coopératives et des sociétés de recyclages, qui, outre leur utilité écologique, offrent aussi une occasion d’atténuer le chômage en créant de nombreux emplois. Le premier responsable du secteur de l’environnement évoquera d’autres efforts consentis pour l’élimination des déchets en tous genres. « Nous sommes sur plusieurs fronts », résume t-il. Désormais, conseille le ministre, le citoyen doit exiger, lorsqu’il s’approvisionne en produits alimentaires, le sachet alimentaire, qui doit porter la marque qui désigne ce genre de produits : une fourchette. « Ce sachet est fabriqué en matières premières vierges. Les additifs ajoutés pour sont alimentaires », soulignera Chérif Rahmani, qui ajoutera qu’il doit aussi obéir aux règlements techniques algériens pour sa fabrication.

Elias Ben

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