Un Aid sans mouton pour les petites bourses

La joie pour la majeure partie les ménages de la ville de Seddouk n’a pas pu s’accomplir en ces jours de l’Aid. Faute de moyens financiers, plusieurs familles ont préféré se passer du rite d’Abraham en se contentant juste d’acheter de la viande. Jugé très élevé, le prix du mouton varie entre 1 8000 et 35 000 DA aux marchés locaux de la région, en l’occurrence ceux de Seddouk, Beni Maouche, Akbou et Sidi Aich pour en citer que les plus proches. Les revendeurs de leur côté rejettent la responsabilité sur les éleveurs se justifiant par des raisons connues presque de tout le monde entre autres, les prix très élevés du fourrage notamment, le foin et l’orge, mais ce qui importe beaucoup plus est non pas de chercher les raisons de la cherté du mouton ailleurs mais plutôt de savoir pourquoi les habitants de la région de Seddouk sont devenus si dépendants du marché national de bétail. En fait si on revient quelques années en arrière on trouve une sorte d’autosuffisance dans la région du moins en ce qui concerne les moutons destinés au sacrifice de l’Aid El Adha parce que chaque ménage dans les villages constituant les communes de la daïra procède à l’élevage de son propre mouton en plus de deux jusqu’à huit autres destinés à la vente pour subvenir aux besoins financiers de la famille.

Ce qui couvre tant bien que mal les besoins du marché local et comme résultat il y a eu moins de dépendance aux grands marchés nationaux. « Avant on se méfiait des troupeaux qui viennent des autres wilayas car ils sont nourris à l’orge, les nôtres, on les engraisse naturellement ; actuellement on ne regarde que le prix puisqu’on n’a pas le choix », dira un chef de famille. Aujourd’hui, à cause de l’exode rural et aux conditions de vie difficile, ces petits élevages ont disparu, les éleveurs qui contribuaient aux besoins du marché local ont quitté leurs villages. A l’instar de la commune de Bouhamza qui voit se vider de plus en plus ses villages. Là une question se pose sur l’efficacité et les résultats des politiques de fixation et de développement des zones rurales. Toutefois, l’Aid n’était pas si triste à Seddouk qui n’a pas manqué en ambiance. La ville en fait a vécu un grand dynamisme et une vive activité comme elle a connu un fort retour de personnes et de familles pour passer la fête entre les leurs. Côté commerce, comme d’habitude, c’est la boulangerie, les bouchers, les pâtisseries, les boutiques d’alimentation générales, les photographes et les magasins de jouets qui ont tiré le plus de bénéfice tout en apportant une touche spéciale à la fête.

M. C. Aït Meziane