«On a perdu 5 milliards USD, ce deuxième semestre»

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Le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, était l’invité de l’émission hebdomadaire de la Chaîne II, hier matin. Le débat a porté essentiellement sur la situation actuelle du marché pétrolier, l’impact de la baisse des prix sur l’économie mondiale et nationale et la 151e conférence des ministres de l’Opep, prévue ce 17 décembre à Oran.

Les prix du pétrole qui ont dégringolé, ont perdu en quelques semaines plus de 100 dollars en quatre mois. C’est arrivé auparavant en 1986, le pétrole a atteint 8 à 9 dollars en 1998, l’or noir avait atteint 9 dollars durant la période 2000-2007, le prix du pétrole est monté de 20 à 70 dollars, la moyenne en cette période a été de 50 dollars on pensait durant cette période qu’il avait un niveau extraordinaire. L’année 2008 a été une année exceptionnelle, le prix du pétrole a augmenté à cause de la spéculation. Selon le président de l’OPEP, «les spéculateurs ont augmenté le prix du baril à 140 dollars, et ce sont les mêmes, quand ils se sont retirés, qui ont fait baiser le prix de 140 dollars à 40 dollars récemment.» Cette fois-ci c’est une bulle financière qui a explosé, et qui a affecté donc la crise mondiale. Les Etats-Unis sont en récession, la plus grande économie du monde, l’Union européenne est en récession. «Nous espérons que la Chine et l’Inde échappent à cette récession ; nous-mêmes d’ailleurs et le Moyen-Orient, allons échapper du fait des revenus, mais nous vivons actuellement une situation exceptionnelle parce que la crise économique continue de se répandre» a-t-il relevé, c’est-à-dire que la demande pétrolière dépend de la croissance économique, or, cette croissance est en train de diminuer de manière vertigineuse, “donc nous ne savons pas jusqu’à quel niveau, elle va dégringoler et quel niveau va se stabiliser, en quelque sorte c’est comme si on suivait une cible qui se déplace on sse casse le dos et on n’arrive pas à la rattraper. La crise économique a eu un impact sur la demande en 2008, cette année déjà nous avons eu une baisse de la demande : 20 000 barils/jour. «L’année prochaine nous pensions que la demande aller augmentée un petit peu», mais, elle va descendre de 500 000 barils/ jour,. Ces données sont très importantes. Il ajoute : «Nous avons déjà pris une décision de diminuer de 2 millions de barils par jour», il faut maintenant que la réunion d’Oran fasse une «coupe plus sévère» pour pouvoir rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. En tant que président de l’Opep, Chakib Khelil a estimé que la fourchette idéale est de 70 ou 80 dollars le baril. Cette somme est le prix du marginal des gisements. Sans ce prix-là ils ne vont pas être développés, il est aussi le prix important pour le gaz, pour un prix au-delà de 70 dollars il y aura moins d’achat du gaz et si les prix diminuent il y aura plus d’achat du gaz. Chakib Khelil était optimiste dans ses prévisions le mois de mai dernier où il a estimé un revenu de 80 milliards de dollars, finalement, « on a perdu 5 milliards USD ces dernier mois, et les revenus attendus allant entre 75 et 76 milliards de dollars restent un record pour l’Algérie», a indiqué le ministre au cours de cette interview à la Radio nationale. Entre-temps, la situation reste difficile, la demande donnée par l’Opep a un rôle important à jouer, mais cette organisation pétrolière ne contrôle que 40% de la production mondiale, il ya la nécessité de faire contribuer les pays, tels que la Russie, la Norvège, le Mexique qui sont des grands producteurs en dehors de l’Opep. Le ministre de l’Energie et des Mines a précisé qu’une autre baisse importante sera appliquée à partir du 17 décembre pour les pays membres de l’Opep : soit réduire les volumes mis sur les marchés et obtenir des prix raisonnables pour le produit, soit ne rien faire; les prix vont dégringoler et ceux qu’ils espèrent gagner sur les volumes, vont les perdre à travers les prix.

A. Slimani

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