Le PPDRI à la rescousse des ruraux

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Les besoins des 18 villages laissés-pour-compte depuis l’Indépendance en matière d’infrastructures de base dépassent de loin les miettes budgétaires allouées dans le cadre des PCD pour parer au plus urgent. Aussi, l’Association nationale pour le développement rural voit-elle en le PPDRI, une solution ultime et une option adéquate à même de permettre à la commune de sortir de son profond marasme.

C’est ainsi que les citoyens ont été conviés jeudi à Tala El Vir, 5 km à l’est de Beni Mansour pour prendre part à une AG des citoyens où il a été question de débattre des aléas du sous-développement en milieu rural.

Propositions…

Les services forestiers ont eu l’honneur d’organiser l’audience publique à laquelle ont adhéré de nombreux citoyens avec à leur tête Saâdi Salah, président de l’Association nationale pour le développement rural au niveau local.

La réunion publique a été pour les habitants une précieuse opportunité de recenser ensemble leurs préoccupations majeures et de formuler un ensemble de propositions susceptibles de constituer des réponses adaptées. Dans un climat de concertation, les citoyens réunis ont évoqué de nombreuses actions à entreprendre pour extirper leur douar des griffes d’un sous-développement jusque-là régnant sans partage.

Pour une exploitation optimale de l’agriculteur et une meilleure protection du patrimoine forestier on a, par exemple, demandé l’ouverture de pistes sur une moyenne de cinquante kilomètres pour une meilleure accessibilité aux plantations existantes ou potentielles.

Aux yeux des habitants, de telles infrastructures ont le mérite de permettre la mise en valeur de la plaine d’Iaârka d’une superficie estimée à

1 000 hectares comprenant des terres agricoles jusque-là laissées en jachère, faute de voies de communication et autres moyens de restauration.

Chemin faisant, on a mis l’accent sur la nécessité de faire l’extension du réseau électrique pour alimenter quelque 15 puits dans la perspective d’exploiter à bon escient les ressources hydriques existantes.

Dans ce terroir où il y a des potentialités agricoles et arboricoles insoupçonnées, il existe aussi, selon Saâdi Salah, d’autres richesses naturelles dormantes qui gisent aux alentours des hameaux dits des Arroum et des Abbas où des projets d’aviculture ébauchés ces dernières années ont déjà porté leurs fruits. Il s’agirait d’aller vers la reconquête d’un précieux gisement d’un matériau exploité jadis par Sonarem et qui, nous dit-on, entrait dans la fabrication des tubes cathodiques. Il faut donc imaginer le nombre d’emplois que pourrait générer un tel projet à l’abandon des décennies.

Sortir du sous-développement

L’accent a également été mis sur la nécessité de créer une unité de soins à Tala El Vir et d’achever les travaux du stade entamés antérieurement. Ces projets permettront d’améliorer un tant soit peu les conditions de vie des habitants dans un village où tout reste à faire. En outre, il est question de relancer l’exploitation d’une source à Tigrine pour en faire une retenue collinaire. Pour rappel, le projet où il était question d’en faire un barrage à l’époque où la commune dépendait du département de Constantine a été ébauché puis abandonné on ne sait pourquoi. Entre autres priorités alternées par les intervenants, on a retenu la proposition chère au président de l’Association pour le développement rural : réhabiliter la grotte historique pour en faire un site historique de renommée nationale. On présage aussi la création d’une zone d’activité par souci de donner davantage de rentes fiscales à la commune mais aussi de créer des emplois directs et indirects. On estime que la disponibilité du rail, la proximité de la RN 5 et du futur axe autoroutier via le village de Beni Mansour sont autant d’atouts qui plaident en faveur d’une ZAC qui pourrait attirer des investisseurs. Les propositions ont besoin de l’aval d’une autre commission communale, de celui du comité technique de daïra pour être adoptées définitivement par une commission de wilaya et être retenues pour voir le jour. Le pari est que cette commune souffrant de sous-développement et d’une pauvreté galopante puisse jouir un jour de tous ses atouts et de devenir pourquoi pas ce pôle économique qui fait rêver et l’eldorado des investisseurs et d’une faune de jeunes qui attendent désespérément d’avoir un emploi pour vivre et sortir de la spirale du désespoir et des fléaux qu’il engendre.

Z. Z.

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