Lors d’une conférence, hier matin, à Larbaâ Nath Irathen, le premier secrétaire du Front des forces socialistes n’a pas été avec le dos de la cuillère dans son réquisitoire de la situation politique et sociale du pays à l’orée d’étapes politiques déterminantes. Devant un parterre composé essentiellement de militants de plusieurs localités, il rappellera les évolutions politiques et structurelles du pays, après l’explosion d’octobre 88 dont il proposera plusieurs pistes de lecture. Mais il insistera sur le fait que le mouvement de révolte populaire a bel et bien été soutenu par une vraie frustration multiforme du peuple algérien même si les tentatives de manipulation n’ont pas manqué de se manifester. Tabbou a par la suite décortiqué l’évolution politique du pays, selon la grille de lecture du FFS, à travers les processus électoraux et le jeu des alliances au sommet des états-majors politiques. Il décochera plusieurs flèches à l’endroit du courant » qui naviguent en eaux troubles. On ne peut pas être d’accord avec le pouvoir et se prétendre de l’opposition », martèlera-t-il.
Tabbou veut que la politique soit » un contrat public, au lieu d’un arrangement obscur. » Il louera le contrat de Rome qui, pour lui, est un essai méritoire de créer de véritables partenaires politiques en face du pouvoir. Mais la cible constante de Tabbou, tout au long de sa conférence véhémente, a été surtout le RCD, qu’il ne cessera d’égratigner. « La création même du RCD concomitamment avec le FIS, est la preuve d’une option des extrêmes. » Et ironiser « On peut être psychiatre mais sans prendre tous les Algériens pour des malades mentaux. «
Pour Tabbou, le code d’honneur politique impose aujourd’hui de se situer par rapport à une » ligne Morice », qui déterminera pour l’histoire » le camp des lâches et celui des braves. «
Tabbou propose une récrédibilisation de l’action politique par un engagement citoyen éclairé, d’autant plus urgent qu’aujourd’hui on revient à une certaine confusion dans les enjeux. Il illustrera cela par le fait, par exemple, que deux grands clubs de la capitale n’aient pu être réconciliés que par un ancien acteur politique islamiste : » Cela prouve que vingt ans après octobre 88, il y a encore un vrai problème de conscience politique et de pédagogie politique partisane. «
M. Amarouche
