Le village envahi par les chiens errants

La dernière opération d’abattage de chiens errants remonte à très loin dans le passé. Le laps de temps qui s’est écoulé depuis semble bien long. En témoigne la multiplication impressionnante des chiens perdus ou lâchés délibérément par leurs maîtres.

Il faut ajouter que la position géographique de ce village en tant que carrefour lui vaut d’être utilisé comme l’espace idéal pour effectuer des lâchers de chiens toutes races confondues. Pourquoi la rase canine a-t-elle donc jeté son dévolu sur ce village et pas sur un autre ? Premier argument, cela fait belle lurette qu’une opération d’abattage n’a pas été organisée malgré les risques élevés de rage, que cette population canine vivant dans l’anarchie, laisse planer sur les habitants.

Autre raison et pas des moindres est que ces animaux qui ont un bien meilleur statut dans d’autres pays trouvent tout de même des conditions dans lesquelles ils parviennent à survivre. Selon un constat, ces chiens fouillent dans les poubelles pour trouver de quoi se nourrir. De surcroît, ils trouvent notamment des conditions assez favorables pour se reproduire. Le refuge qu’offre l’unité Baticompos aux femelles pour mettre bas et sauvegarder leurs petits à chaque portée en est la parfaite illustration. Les chiens semblent tenir compagnie aux veilleurs de nuit et imposer à leur manière marquage d’un certain territoire la nuit, c’est sans doute à leur utilité qu’ils sont tolérés dans cette usine où ils ont accès. D’autres meutes passent la nuit à déambuler et à aboyer à la moindre présence humaine soupçonnée. C’est pendant ces longues heures de retrouvailles que les accouplements s’effectuent donnant lieu à une naissance anarchique.

En quelques années la natalité canine fait parler d’elle et rien ne semble limiter la prolifération de cette espèce qui comporte des bergers de l’Atlas et nombre de chiens croisés dits bâtards. La journée, après des heures de sommeil, ils se remettent à déambuler aux alentours d’un quartier à l’est du village où ils semblent choisir de ne pas trop s’éloigner des femelles qu’ils ne peinent pas à retrouver à proximité de l’unité Baticompos.

Ces meutes peuvent, à tout moment, s’attaquer aux écoliers se rendant à leurs écoles. Il y a quelques mois, un enfant a été mordu par un chien errant. L’incident a provoqué la panique et il aura fallu lui administrer systématiquement un sérum antirabique pour le prémunir de la rage. Ces derniers jours un chien errant a profité d’un moment où le portail se trouvait ouvert pour faire irruption dans la cour de l’école primaire. Dans le quartier de Tighilt N’baâbou à l’est du village, ils se promènent toute la journée aux alentours du CEM. La prévention n’est-elle pas la meilleure des guérisons ?

Z. Z.