Les festivités attirent là grande foule, avide de se défouler et par la même occasion, d’obtenir la baraka de ces saints. Au sein des comités des villages, les préparatifs ont été entamés depuis plus d’un mois, « pour être fin prêts pour la fête », nous dit-on. Ce jour là, les organisateurs auront plus à cœur d’accueillir les visiteurs, dans de bonnes conditions, que de s’embarrasser de futilités. Par expérience, ils savent que s’il fait beau, ce sera la grande foule qu’il va falloir canaliser et nourrir. Ce qui n’est pas une mince affaire. D’ailleurs, c’est à cause de la difficulté de la tâche que les responsables des villages, réfléchissent, à chaque fois, avant de s’engager à organiser un tel événement. Beaucoup de visiteurs se rendent en ces lieux comme pour un pèlerinage. Certains y vont par habitude, pour la traditionnelle « ziara » (visite), même lorsque la fête n’est pas au rendez-vous. D’autres, particulièrement des jeunes, choisissent les endroits « chauds » où ils pourront se détendre. La danse, au rythme des musiciens « Idhaballen », fait partie des critères qui décideront du choix de la destination de la plupart de ceux qui voudraient joindre l’utile à l’agréable. En dehors de l’inévitable couscous que les visiteurs consomment à volonté, la musique folklorique (Idheballen ou CD) pousse des « nuées » de jeunes sur la piste de danse qui ne désemplit pas, à longueur de journée. Avant de repartir, tous ces invités prennent la précaution de passer au mausolée pour y déposer quelques pièces dans « la tirelire ».
Les plus nantis ne comptent pas lorsqu’il s’agit d’être reconnaissant envers le « Saint » qui a exaucé leurs vœux, faits auparavant. Ils offrent des boucs, des moutons ou même des taureaux. Tous ont, cependant, une secrète demande à faire au « maître des lieux ».
Les jeunes filles célibataires espèrent trouver un mari durant les mois qui suivront le pèlerinage alors que les malades sont convaincus que la bénédiction du saint leur donnera ce que les médecins n’ont pu leur procurer : la guérison.
Les inconditionnels, convaincus du bien-être que leur confère la visite, reviennent, chaque année, avec des offrandes de plus en plus importantes.
Dans les foyers, on marque l’événement par la préparation d’un repas, sortant de l’ordinaire. Généralement, la famille se réunit autour d’un couscous préparé avec la queue salée et séchée du mouton de l’Aïd qu’on a pris soin de garder pour ce jour béni.
A défaut, on se contentera d’un lapin ou d’un poulet. « Personne ne travaille et les femmes ne cousent pas ce jour-là, sous peine de trembler des mains pour le restant de leur vie », dit la légende.
A. O. T.
