Fellag se produira le 23 janvier au théâtre du Rond-Point

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Avec son spectacle «Tous les Algériens sont des mécaniciens”, Fellag a entamé sa tourné dés septembre 2008 et à chaque représentation, il a fait salle comble. Son humour légendaire et décalé lui a valu un énorme succès notamment auprès de ses fans qui ont apprécié à sa juste valeur une démonstration digne des plus grands.

Son terrain de prédilection reste le social en Algérie,un domaine dont il excelle en incarnant des personnages typiques à l’Algérie.

Les précédentes représentations ont fait salle comble notamment à Montpellier. Ainsi, depuis 1998 et avec son spectacle «Djurdjarssic bled», Fellag a enchaîné les succès avec d’autres représentations à l’instar de «Un bateau pour l’Australie», «Le dernier chameau» ainsi qu’une filmographie assez riche à l’instar du «Gône de Châaba», «Inchallah dimanche», «Fleurs de sang», «Momo mambo», «Voisins voisines», «Rue des figuiers», «Michou d’Auber» et «Ennemi intime».

Concernant le spectacle, Fellag se focalise sur un carburateur grippé, une batterie à plat, un radiateur qui fuit, la nature humaine oublie ses discordes et renoue avec la solidarité originelle.

La mécanique est l’art de se sortir des situations compliquées de la vie quotidienne. En lorgnant du côté d’Alfred Jarry, on pourrait presque dire qu’elle est l’art des solutions imaginaires. C’est en tout cas ainsi que l’entend Fellag. Selon lui, tous les Algériens sont des mécaniciens. De là à dire que ce sont tous des pataphysiciens il n’y a qu’un pas… qu’il se garde quand même de franchir. Mais l’humour aussi est, à sa façon, une mécanique. En ce domaine, Fellag est passé maître en la matière. Dans ce nouveau spectacle, il associe la crise de l’eau en Algérie à l’arrivée massive des Chinois dans le pays, la mécanique automobile, l’utilisation systématique de l’humour noir par ses concitoyens pour «graisser» les rouages de l’espoir et de l’équilibre psychologique.

A ce propos l’humoriste dira dans une interview accordée à un quotidien français. «Oui, c’est vrai, car en Algérie comme dans beaucoup de pays fermés aux importations et à tout ce qui vient de l’extérieur, le parc automobile est le même depuis cinquante ans. Et les gens doivent se débrouiller avec et le faire vivre le plus longtemps possible. Cela avec une ingéniosité et une inventivité remarquables. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la solidarité des gens. Quand une voiture tombe en panne, il y a toujours vingt personnes qui se mêlent en même temps de vouloir réparer. Ce que j’aime, c’est la synergie que dégage alors la communauté, comment le vivre ensemble autour d’un moteur – qui n’est qu’un prétexte – révèle les différentes personnalités. Je suis issu d’un quartier populaire de Tizi-Ouzou en Kabylie, et j’ai engrangé des histoires pleines de générosité ; avec elles, j’essaie de raconter comment un peuple qui n’arrive pas à avoir tout ce qu’il désire, invente des histoires et des mécaniques pour continuer à vivre au jour le jour».

Même si son humour n’est pas apprécié de tous les Algériens, son autodérision va au delà de l’humour en racontant le vécu des gens,leur quotidien,les rites,les habitudes touchant à des sujets tabous comme la sexualité.

Fellag a su chambouler les esprits et à briser le silence vis-à-vis d’une société très conservatrice. Dans cette nouvelle création, Fellag partage la scène avec l’actrice Marianne Epin, qui est aussi sa compagne. L’idée de départ de ce spectacle lui est venue du premier chapitre de son dernier roman L’allumeur des rêves berbères, où l’on découvre que tous les habitants d’une cité populaire d’Alger ont une véritable prédilection pour la mécanique. La représentation se poursuivra jusqu’au mois de juin avec une halte à Marseille du 5 au 9 mai et du 4 au 6 juin à Nice. La tournée s’annonce encore prometteuse.

Hacène M.

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