Lameri Aït Saâda : « Par ce film, je voulais donner un autre style au cinéma amazigh »

La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous nous résumer votre film en quelques lignes ?

Lameri Aït Saâda : C’est du pur social et ça rentre dans le quotidien de l’Algérien, moi personnellement, je l’ai fait en hommage à un ami, j’ai découvert son drame après une année de fréquentation, il avait des problèmes familiaux et ne voulait pas retourner chez lui parce qu’il détestait cette situation, il préfère rester à la cité universitaire d’Alger plutôt que de vivre ces problèmes. J’ai voulu raconter cette histoire sous forme d’un rêve pour mettre un nouveau style au cinéma amazigh, surtout qu’on est de la nouvelle génération et on est attiré un peu par le cinéma américain, donc je peux dire que c’est une manière de traiter le sujet et je crois que c’est très simple pour le téléspectateur de comprendre le scénario.

Quel est le massage que véhicule ce film ?

Mon but principal est de parler d’un sujet que beaucoup de personnes ont vécu et vivent encore avec des degrés plus importants, plusieurs enfants se sont suicidés ou ont été tués par leurs propres pères. Dans ce cas, j’essaye de parler de la faiblesse de l’homme devant la femme, on remarque beaucoup de changement et l’homme devient plus attiré par sa nouvelle femme, que par ses enfants ou sa famille, donc c’est un phénomène social qu’on rencontre quotidiennement et qui cause beaucoup de victimes.

Vous avez participé dernièrement au festival de Taghit, et vous allez prendre part au Festival international du film amazigh, un mot ?

On a été invité par les organisateurs où plusieurs professionnels du 7ème Art ont pris part, ces derniers nous ont critiqué positivement et négativement, c’est une très bonne expérience pour nous, car on envisage d’aller loin dans ce domaine, car on a de grands projets à réaliser dans un proche avenir.

Avez-vous reçu de l’aide pendant la réalisation de ce film ?

A chaque fois qu’on me pose cette question, je réponds que ce film a été réalisé avec un budget de 0 dinar, ce qui veut dire que c’est l’effort de toute l’équipe, que je remercie au passage, ils ont participé au tournage pour montrer leur intérêt pour ce film au niveau de Béjaïa et l’expression amazigh, et que c’est grâce à eux que ce film a été réalisé ceci sans oublier les gens qui m’ont aidé comme

M. Mahmoudi, directeur du Parc de Gouraya et le Docteur Mohadeb, ils nous ont aidé d’une manière générale mais je peux dire que le grand financement est de notre poche.

Vous êtes très ambitieux dans ce domaine, avez-vous reçu des promesses d’aide pour concrétiser vos projets ?

Là, je veux dire une chose, pour les projets cinéma, il y a la Télévision mais c’est malheureux de le dire, le piston règne en maître au boulevard des Martyrs. C’est un problème que rencontrent toutes les personnes du domaine, mais j’espère bien que ça va changer à l’avenir. Il faut aussi ajouter le phénomène de la bureaucratie qui est reine dans notre pays, et n’encourage pas les jeunes créateurs.

On vous laisse le soin de conclure, Lameri…

C’est la première expérience et par rapport aux gens qui ont vu le film, ils nous ont encouragés. On est sur deux projets avec Ahmed Chehata. Pour moi, c’est un rêve qui se réalise, en discutant avec lui il m’a rendu beaucoup d’espoirs, j’espère seulement qu’on arrivera à réaliser ces deux films, malgré la difficulté de la tâche.

Entretien réalisé par Zahir Hamour