Engouement pour le gardiennage

Le service personnel de l’APC d’Ighram, daïra d’Akbou, a enregistré 41 candidatures pour occupation des trois postes de gardiens disponibles et six candidatures pour quatre postes d’ouvriers. Cet écart affiché par les chômeurs quant aux différents postes qui leur sont proposés renseigne sur les aspirations professionnelles que travaille notre société en profondeur. Le métier du gardien était dans le temps réservé aux gens dont l’état de santé ne permettait pas de fournir de l’effort physique, ce qui d’ailleurs lui a voulu le titre du « poste aménagé ».

Le président de la République, Abdelaâziz Bouteflika, a déploré, lors de son discours prononcé à l’occasion de la clôture des journées de formation des présidents d’APC, le 26 juillet 2008, le fait que nos jeunes cherchent tous à travailler comme « gardien de nuit ».

Pour Ali, chômeur de son état, postulant au poste de gardien au niveau de l’APC d’Ighram : « Travailler comme ouvrier sur chantier est une profession que je ne peux exercer que dans le cas d’un extrême besoin et, encore, que temporairement, car ni les conditions du travail, ni le salaire et encore moins le statut social ne sont intéressants ». Certes, ce « phénomène social » est le résultat d’une pléthore de facteurs tant exogènes qu’endogènes qui ont déterminé la trajectoire de cette évolution, apparemment régressive, de la société, mais, maintenant que le constat est fait, il est temps que les pouvoirs publics engagent une réflexion sereine sur les moyens à mettre en oeuvre pour renverser la vapeur et rehausser les métiers du bâtiment au rang qui est le leur, celui des bâtisseurs !

B. Sadi