Semmache, à 40 km à l’est de Bouira, est le village le plus peuplé de la commune d’El-Adjiba (7 000 habitants). Il reste cependant, toujours enclavé faute d’un pont enjambant oued Dhous, qui sépare les deux localités. Les citoyens se sentent lésés, marginalisés et ne savent plus à quel saint se vouer pour en finir avec leur parcours du combattant quotidien. Ils réclament toujours un pont, du fait qu’ils sont obligés de faire un détour par Bechloul, soit un parcours de 10 km pour se rendre au chef-lieu communal, qui n’est qu’à 2,5 km à vol d’oiseau. Forcés à faire le trajet à pied, en traversant l’oued et en s’exposant à de multiples dangers, les plus démunis sont les premières victimes de ce calvaire qui dure depuis plusieurs années. «Un simple extrait de naissance me coûte 40 dinars», ironise un villageois, ceci uniquement pour les frais du déplacement à El-Adjiba via Bechloul. On signale l’existence jadis d’un pseudo pont métallique emporté par les crues de 2003 lesquelles ont tout balayé sur leur passage. Le wali de l’époque, qui a effectué une visite en février 2004, a promis la prise en charge de ce projet dans les plus brefs délais. Mais, après plus de cinq longues années d’attente, rien n’a été fait pour alléger la souffrance des villageois. Ces derniers déplorent la réalisation du pont qui relie Ichihen à Bechloul avant celui d’El-Adjiba, qui en plus de désenclaver Semmache et l’ouest de M’chedallah, sera le prolongement d’une brettelle de l’Autoroute est-ouest, donc d’une grande utilité pour toute la région. En attendant un geste fort de la part des services compétents, la population espère ainsi renouer les liens avec le chef-lieu de la commune par des chemins plus courts.
M. Salmi
