Le tarif de référence de remboursement des médicaments et la carte Chifa ont été, entre autres, les principaux thèmes développés, dans l’après-midi du mardi dernier par le Dr. Chawki Acheuk, représentant du ministère de l’Emploi et de la Sécurité sociale lors de la rencontre d’information organisée à l’université de Targa Ouzemour par la CNAS de Béjaïa au profit des professionnels de la santé.
Pour accaparer l’attention de son auditoire sur l’importance de l’institution qu’il représente, le conférencier indique d’emblée que la CNAS rembourse annuellement plus de 64 milliards DA de produits pharmaceutiques, plus de 38 milliards de forfait pour les hôpitaux, que la population est couverte à hauteur de 38 %, qu’il n’y que 8 millions de cotisants et que les medecins prescrivent quelque 50 millions d’ordonnances par an. Et pour réduire autant que possible la lourde facture de remboursement des médicaments, le conférencier recommande vivement aux médecins la prescription de génériques et aux pharmaciens d’user de leurs droits de substitution instauré depuis 1990, pour servir aux patients, chaque fois que cela est possible, le générique à la place de l’original pour la raison essentielle, selon l’intervenant, que les deux produits sont absolument de même composition chimique et qu’ils produisent les mêmes effets. La différence entre les deux médicaments réside dans les dénominations commerciales, les présentations qui ne sont pas les mêmes et surtout les prix. Si le générique coûte beaucoup moins cher, explique encore l’orateur, c’est qu’après 10 ans de commercialisation au prix fixé par le laboratoire, l’original tombe dans le domaine public et il devient alors possible de le fabriquer dans les mêmes conditions, de le commercialiser sous une autre dénomination et sous une autre présentation et souvent à un prix beaucoup moins cher.
Quant à la carte Chifa qui est une expérimentation dans certaines wilayas et qui remplacera peu à peu le livret de soins et d’autres documents relatifs à la santé, le représentant du ministère souligne non sans fierté qu’elle a permis au pays un grand saut dans la modernité en matière d’assurances sociales. Grâce à elle les professionnels de la santé ont une meilleure connaissance de l’état de santé de leur patient, puisqu’elle donne sur un simple clic tout l’historique du malade. Elle lui permet également une meilleure prise en charge par la CNAS en matière de remboursement des frais médicaux et pharmaceutiques. En effet, soutient l’animateur de la rencontre, la simple présentation de la carte Chifa par un patient le dispense de tout paiement de frais aussi bien chez le médecin traitant que chez le pharmacien. La carte serait aussi valable dans les hôpitaux publics et les cliniques privées. Le hic, notent certains observateurs, et que dans l’état actuel des choses, les médecins du secteur public ne disposent pas encore d’un ordinateur qui lira la carte Chifa et ceux du secteur privé auront quelques réticences à accepter cette carte pour plusieurs raisons dont celle d’avoir certainement à revoir leur tarif à la baisse et d’avoir à “perdre” un peu de temps pour télécharger et lire les renseignements contenus dans la puce électronique pendant que les malades s’impatientent dans la salle d’attente.
B. Mouhoub
