Les habitants d’Aït Meraou et des environs sont venus, nombreux, assister à la cérémonie du quarantième jour du décès de Si Moh Sfaksi. La grande affluence, à la « ouâdda », organisée pour la circonstance témoigne de la grande popularité dont jouissait le défunt. Il est vrai que lorsqu’il arpentait les rues de Larbaâ Nath Irathen, les personnes qu’il ne saluait pas pouvaient se compter sur les doigts d’une seule main. Le défunt était également connu pour avoir assumé ses responsabilités lors de la décennie noire qu’a vécue notre pays. Il a fait partie du premier noyau des patriotes à Larbaâ Nath Irathen, en coordination avec les services de sécurité. Son village, Aït Meraou, est un hameau isolé, noyé dans une forêt avec en face les terres boisées dépendant de Mekla. Ce petit hameau a été bien protégé par Si Moh et ses compagnons. En 1996, un groupe de terroristes s’était attaqué au village Icheriden, partiellement vidé de ses habitants, tuant un policier et assiégeant un autre (qui les avait tenu en échec) pendant une bonne partie de la nuit. Ils se rendirent ensuite au village Aït Meraou. C’est là que Si Moh Sfaksi, avec ses amis patriotes, montrèrent leur détermination à défendre leur village. Les terroristes durent battre en retraite, devant leur résistance acharnée. Il participa également aux nombreux ratissages organisés à Takhoukht, ou ailleurs, et fut chargé de la sécurité au niveau de la daïra. Il a été également élu à l’APC, la population garde de lui le souvenir d’un élu courtois qui assistait souvent les gens dans leurs démarches administratives. Il mettait la main à la poche, quand il le fallait, allant parfois jusqu’à payer le carburant pour des missions urgentes dans la commune !
Affable, cet homme descendant d’une famille pieuse, affirmait que le travail est aussi important que la prière il était un exemple de sympathie et d’engagement au service de la communauté. Son tempérament de battant refusait de céder face à la maladie. Dans sa chambre d’hôpital, à 7h10 en cette matinée du 7 janvier 2009, alors qu’il discutait avec son fils, il prononça deux fois la profession de foi musulmane, la chahada, l’index levé et rendra l’âme à la troisième. Son cœur venait de s’arrêter mais son sourire ne quitta pas son visage.
M. Amarouche
