Les déboires d’une localité déshéritée

Certes, la commune d’Ath Yahia Moussa est l’une des municipalités les plus déshéritées lorsque l’on sait que ses ressources sont quasi-nulles. Pourtant, nous semble-t-il pour certains villages, et en dépit de leur importance en population, le développement leur a tourné le dos. Tafoughalt, avec ses cinq mille habitants est mis à l’écart, notamment ces dernières années, à commencer par l’eau potable. Ce village souffre de cet épineux problème en hiver tout comme en été. Effectivement, selon les villageois, certains quartiers tels Iâzavene ou encore Ath Abdellah et Ath Salem ne reçoivent aucune goutte depuis la fin des années 80. Si ces quartiers sont privés d’eau, cela ne veut pas dire que les autres quartiers sont bien nantis car l’eau ne leur arrive qu’une fois par quinzaine, voire par mois et avec une quantité très minime. Les villageois ont peur que cette situation perdure même si un projet est en cours à partir de Oued Bougsoura. « Si la conduite de distribution n’est pas refaite de fond en comble, le problème ne sera jamais réglé », pensent les Tafoughaltis. Le village a bénéficié d’une Maison des jeunes au début des années 90. Quinze ans après, elle n’est pas encore mise au service de ces jeunes qui n’ont que les cafés pour se distraire ou s’adonner à d’autres vices aussi dévastateurs les uns que les autres et qui guettent cette frange de la société ô combien vulnérable. Le réseau d’éclairage public a subi des réparations… seulement le village est encore dans le noir. « Dans notre quartier, seul un lampadaire fonctionne. D’ailleurs, même nos enfants ont peur de sortir pour aller à l’école », nous a dit un citoyen d’Ath Abdellah. Ce qui empoisonne quotidiennement la vie de ces paisibles villageois est la dégradation du réseau routier. Pour aller à Tizi Ghenif ou à Draâ El Mizan, ils doivent emprunter des routes entièrement délabrées et qui n’ont subi aucune réfection depuis la fin des années 80. Quelques quartiers tels les Ath Abdellah et Ikharven risquent d’être entièrement isolés si l’affaissement au niveau d’Ighil N’hanout n’est pas réparé d’ici quelques jours. Par ailleurs, nous avons appris que les lycéens et lycéennes (externes) qui poursuivent leurs études à Draâ El Mizan dépensent cinquante dinars par jour pour se rendre à leurs établissements respectifs car, là aussi, la commune d’Ath Yahia Moussa ne leur garantit pas le transport. « A quand au moins un camion ? » se demandent-ils. Les villageois comptent beaucoup sur les élections partielles du vingt-quatre novembre prochain en espérant que l’assemblée qui sera élue viendra régler leurs problèmes qui ne datent pas d’hier, mais de plusieurs années. « Ces joutes électorales changeront-elles notre quotidien », s’interrogent les habitants au passage de chaque parti.

Amar Ouramdane