Les piétons chassés des trottoirs

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Les étalages sur les trottoirs, lorsque ce n’est pas à même la chaussée, reviennent de plus belle. Les piétons doivent prendre garde à ne pas buter sur les innombrables objets hétéroclites qui obstruent leur passage. Suspendus ou étalés sur le sol, les objets présentés aux clients, représentent autant d’obstacles dangereux pour les passants. Non contents d’accaparer le domaine public, certains empiètent carrément sur la chaussée, devenue par la force des choses, une annexe du magasin. Chassés de leur “territoire”, les piétons n’ont d’autre choix que de squatter, à leur tour, ce qui reste de la chaussée, au grand dam des automobilistes qui arrivent difficilement à se frayer un passage au milieu de la foule.

Les aménagements des devantures en dur, avec carrelage parfois, donnent l’impression que la rue, lieu public par excellence, appartient à ceux qui l’occupent. Quant au stationnement, inutile d’en chercher en ville. Le nombre de véhicules étant très élevé, il n’y a de place que pour les plus chanceux, tels les commerçants qui délimitent leur «territoire» par de multiples stratagèmes. Des caisses, des briques ou autres objets, permettent de réserver le stationnement au propriétaire des lieux. De nombreuses altercations éclatent lorsque, plus hardi que les autres, un citoyen essaie de faire valoir son droit. Pour contourner la loi, ils vous sortent différentes explications. Si ce n’est pas “une sortie de garage” c’est “on attend le camion de livraison”. Ceux qui ne possèdent ni magasin, ni garage doivent s’abstenir d’entrer en ville.

Malgré les fréquentes descentes des policiers de la Sûreté de daïra pour rétablir l’ordre, les irréductibles reviennent dès leur départ. Le travail de récupération des lieux s’annonce des plus difficiles. Il nécessite, en effet, des décisions fermes, quitte à ce qu’elles soient impopulaires.

A. O. T.

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