« Je suis un djerrah »

Sur les 48 wilayas que compte le pays, le planning de la réclame du candidat indépendant Mohamed Ousaïd Belaïd n’en retiendra que 19. Il a tenu, expliquait-il, aux Bouiris venus l’écouter mardi soir, à ce que Bouira figure sur sa feuille de route à cause de « sa situation géostratégique » et surtout pour exprimer sa « solidarité avec une population qui a souffert des affres du terrorisme ».

Avant de céder le micro au public, Mohamed Ousaïd Belaïd fera connaître son appréciation de l’état actuel du pays qu’il comparera à « un corps malade » qui « a plutôt besoin d’un chirurgien ». Le candidat à la présidentielle parlera aussi de la manne pétrolière qui, dira-t-il, permet jusque-là « d’acheter la paix sociale ». Mais, « qu’en sera-t-il demain lorsque le pétrole et le gaz seront épuisés ? » s’interroge-t-il. Après son bref speech, Mohamed Oussaïd écoutera les citoyens qui s’alterneront devant le micro. A en croire le ton presque scolaire caractérisant les questions posées par essentiellement des jeunes, on ne risque pas de se tromper en avançant que le défilé devant le micro a été préalablement préparé par le directoire de campagne. Cela étant, les interventions des uns et des autres ont permis au candidat de développer plus ses idées. Et dans la foulée, il s’arrêtera sur le tamazight. A ce propos, il estimera qu’avant de parler de son officialisation, il faut se mettre d’accord sur la graphie. Voulant donner l’impression de quelqu’un qui n’a aucun a priori sur la question, il soulignera la nécessité de laisser les professionnels décider de la graphie qui convient à tamazight. Un peu plus loin, il expliquera cependant que le choix de la graphie est lié à l’orientation idéologique. Pour preuve, il donnera l’exemple du turc transcrit en latin et de la langue perse. Pour finir, il suggérera tout de même que le caractère arabe conviendrait mieux à tamazight. A un citoyen qui demandait au candidat pourquoi se présente-t-il « dès lors que les jeux sont faits », il répondra : « Tout dépend de vous ! Et si toutefois la triche est de mise : Ouakelna Aliihoum rebbi ! (Dieu en serait témoin) ».

T. O. A.