A Sidi Naâmane, la situation est simple pour la commune. En effet, comme nous l’avons déjà rapporté, seul les « crânes d’œufs » qui ont concocté le découpage administratif peuvent répondre à la question suivante : comment peut-on ériger un chef-lieu nouveau sans réserve foncière ?
Les élus locaux passent leurs temps à se creuser la cervelle pour dénicher une assiette oubliée pour y implanter des projets vitaux pour le développement local ! Si l’Etat manque de terrains, mis à part l’administration des forêts propriétaires des monts d’Afaham, la majorité des citoyens sont donc les propriétaires de la vaste superficie d’une commune rurale par excellence ?
C’est là que réside le problème qui handicape lourdement le progrès du développement sur trois axes : en premier lieu, les voies de communication qui sont sources de litiges et de conflits judiciaires interminables et onéreux. Il est impossible à l’APC de tracer et d’ouvrir une piste agricole, si nécessaire pourtant à l’exploitation des terres et au passage des engins agricoles ou de transport. Les riverains, quand ils ne s’accaparent pas le chemin existant, s’opposent en effet au passage des pistes sur leurs parcelles.
De même que ces mêmes paysans sont confrontés dans leur grande majorité à l’absence de tout type de propriété. En conséquence, ils ne peuvent ni louer, ni vendre, ni donner leurs terres. Reçues en héritage, et dans l’indivision, ces mêmes terres sont laissées à l’abandon, devant la difficulté d’opérer le partage entre les nombreux héritiers dispersés. Pour d’autres courageux investisseurs, ils sont bloqués par la banque par l’obligation de présenter un acte de propriété du bien hypothéqué.
Il existe bien une procédure de reconnaissance de propriété, mais la procédure longue et onéreuse, rebute la majorité. Aux dernières nouvelles, l’Etat se propose de faciliter l’opération et la confier aux seuls domaines de l’Etat. Il a déjà procédé à la simplification de la procédure dans l’aide à l’habitat rural, en n’exigeant qu’un simple certificat de possession et la réussite fut indéniable. En fera-t-il de même pour cadastrer le monde rural ? Les paysans attendent avec impatience le passage des agents des domaines de l’Etat, afin de les régulariser dans leurs biens et de les sécuriser dans leurs investissements.
Bouamar Ahmed
