L’adage dit bien qu’en avril ne te dévêtis pas d’un fil et en mai fais ce te plaît. Eh bien, nous avons eu à le confirmer ces jours-ci à travers le pays et plus particulièrement dans la région de Béjaïa. En effet, depuis le début du mois, nous assistons à un vrai paradoxe climatique. En sortant le matin pour rejoindre son lieu de travail, le Béjaoui se met en tenue printanière et se trouve surpris par des averses diluviennes à sa sortie du bureau en fin de journée. Cette situation qui s’est répétée plusieurs fois a forcé les gens à ne plus se séparer de leur parapluies même quand le soleil, brillant annonce allusivement une belle journée. Par contre, depuis deux jours, il n’a pas cessé de pleuvoir, il a même neigé sur les hauteurs et un froid glacial s’est installé dans toute la région. Pour les plus âgés qui croient occasionnellement à la météo et à la science, il est tout à fait normal qu’il fasse froid en cette période de l’année et ils le justifient par un ancien dicton qui rappelle que ce n’est qu’en ce mois de l’année que le sanglier ressent le froid, et si cet animal à la peau dure le ressent, c’est que réellement avril est le mois le plus froid de l’année. Fort heureusement pour les habitants de la région, les pluies de ces deux journées sont fines et n’ont engendré jusqu’à présent aucun dégât matériel ni inondations telles qu’on a eu à le constater durant la période hivernale passée. Effectivement, les intempéries des mois écoulés ont occasionné outre la fermeture à la circulation de plusieurs axes routiers, L’inondation de la RN 12 par les eaux en furie suite au débordement de l’oued Soummam; l’envahissement de plusieurs routes par les crues, les affaissements de terrain et surtout le déracinement d’arbres par les vents violents. Tout ceci a fait beaucoup de victimes, suite à des accidents de la circulation ou à l’affaissement de terrain ou de maisons, tellement le nombre de maisons vétustes en Kabylie est important. Vivement le mois de mai pour chasser toute crainte de catastrophe quelconque.
A. Gana
