Tabburt Lanser : entre fraîcheur et puanteur

Reconnue depuis des lustres pour sa fraîcheur exemplaire, vu son site à l’entrée de la montagne, Tabburt Lanser, reste toujours un gîte idéal pour fuir la canicule. Juste après le déjeuner, des dizaines de personnes (jeunes, vieux enfants, mâles bien sûr) envahissent ce lieu qui les accueille avec sa fraîcheur et son eau glacée. Munis, qui de tapis, qui d’un matelas et un oreiller, de livres, de postes radio pour passer une demi-journée en dehors du mercure qui grimpe, et du bruit des enfants et des véhicules. Cependant, Tabburt Lanser n’est plus la même, qu’on a connue il y a quelques années, où même des étrangers et des gens de tout horizon y faisaient leur halte pour se rafraîchir. On en a vu des touristes étrangers échanger un petit singe, ou une botte de thym contre quelques francs français qui faisaient le bonheur des chérubins. Ces derniers se pointaient régulièrement pour faire le guet à ces « roumis ». Aujourd’hui, ni les singes qui ont tout compris l’égoïsme et autres vices de l’homme ni la propreté n’attirent les estivants. Le produit vital que constitue l’identité de ce site, en l’occurrence l’eau, n’est plus abondante comme avant, hormis un très mince filon, qui sort timidement d’un tuyau cabossé en plusieurs lieux, à cause de chutes de pierres. Les deux grottes naturelles qui étaient jadis l’attirance principale, et faisaient objet de recherches spéléologiques, inexplorées comme il faut jusqu’à présent, sont réduites à de sales dépotoirs et toilettes à ciel ouvert. L’odeur nauséabonde d’excréments humain et animaux ont vite supplanté les parfums des thym, du laurier rose et autres plantes de montagne. Ceux qui gardent les bons souvenirs de ce site, ont du mal à s’y rendre actuellement. Mais, la canicule ne nous donne pas le choix parfois.

Salem Amrane