Mais ce n’est pas le cas partout. Par conséquent, les maladies résultant de l’eau polluée tuent encore aujourd’hui des millions de personnes chaque année dans les pays pauvres. En effet, il s’agit de maladies provoquées par le fait de boire cette eau polluée et des maladies dues à un simple contact de la peau avec cette eau.
Communément, il est admis que l’assainissement des eaux usées réponde à deux préoccupations indispensables : prémunir les ressources en eau, protéger le patrimoine naturel et la qualité de la vie. Or, à Taghzout, village relevant de la commune d’Ouled Rached, ces normes semblent déroger à la règle. Malgré les réclamations et rapports adressés à tous les niveaux, le village vit toujours le statu quo. En l’absence des réseaux AEP, les habitants de Taghzout s’approvisionnent à partir des puits traditionnels. Ces derniers sont la seule source d’eau au village. Alors qu’on déplore leur état de dégradation car la majorité d’entre eux datent d’une époque lointaine.
Traversé par un oued venant du chef-lieu de la commune en passant par le village voisin, Ouled Abdallah, Taghzout est devenu une décharge des eaux usées. Avec l’évolution des modes de consommation, les rejets d’eaux usées ont largement évolué en quantité et en qualité. Les simples rejets ménagers se sont enrichis de produits plus complexes et les réseaux d’assainissement recueillent des rejets aux caractéristiques très diverses. En effet, cet oued charrie les eaux usées dégagées d’Ouled Rached et d’Ouled Abdallah. En outre, les eaux de pluies, lessivant des surfaces croissantes augmentent le flux polluant. Ainsi, une huilerie moderne, se trouvant au chef-lieu, constitue l’autre source potentielle permanente de pollution. Ses rejets polluants, produits chimiques et toxiques, ont un effet toxique direct sur les êtres vivants. Bien évidemment, les décharges de cette huilerie s’ajoutant aux eaux usées forment un semblant d’oued El Harrach qui traverse Taghzout. La majorité des puits au village jouxtant cet oued sont visiblement l’objet de contamination. Une eau est dite polluée lorsque ses qualités sont dégradées, perturbant la vie aquatique et rendant son utilisation dangereuse pour l’homme et les animaux. « Nous avons dû abandonner notre puits et nous cotiser pour creuser un forage », nous déclare D. Amar, résidant dans ce village. Et d’ajouter, avec regret : « Ce puits de forage qui nous a tant coûté est souvent épuisé car beaucoup d’habitants s’en servent ». La pollution résulte de la présence de « polluants » en quantité suffisante pour qu’ils puissent être nocifs. On apprend que récemment un échantillon d’eau, pris de l’un de ces puits et soumis au test dans un laboratoire, a révélé « un degré très inquiétant de contamination ». Manifestement, on y évacuant les eaux usées, des rejets et de résidus chimiques, sont autant de facteurs qui « empoisonnent », lentement mais sûrement l’eau. Tous ces polluants nuisent aux divers usages de l’eau par l’homme. Par ailleurs, les odeurs nauséabondes de cet oued créent, notamment en été, un climat désagréable. Indubitablement, l’inexistence d’alimentation en eau potable s’ajoute à un laisser-aller qui anéantit les propres sources d’eau de ces villageois. « On est entre le marteau et l’enclume « , dira Ahmed, un autre habitant. Une menace, réelle et sérieuse, de pollution plane sur la santé de ces habitants, mais ils sont contraints de boire une eau, pourtant, classée « à ne pas consommer »! Il est à signaler que dans un passé proche un forage a été creusé par l’APC et l’ancienne source Al Anacer a été aussi rénovée mais ils sont aujourd’hui à l’abandon. « Deux sources capables d’alimenter tout le village mais l’APC ne daigne pas les restaurer », affirme Messaoud, habitant au village. « Cet état de dégradation flagrant finira par rendre inhabitable notre région », dira, A. Achour, un autre habitant. En somme, « l’absence d’eau potable, représente un sérieux danger sur la santé mais personne ne semble s’y inquiéter quant à notre sort», disent les habitants que nous avons rencontrés. En attendant la restauration, beaucoup d’eau aura coulé…
L. M.
