Deux exemples, parmitant d’autres, que nous avons pris à titre indicatif, nous expliquent le nouveau phénomène inconnu auparavant dans notre pays.
R. est enseignante depuis plus de 20 ans, ses cheveux ont blanchi avec les potaches : « Effectivement, notre école située en plein centre-ville a vu cette baisse des effectifs depuis quelques années. Actuellement, j’ai une classe de 24 élèves : Le nombre rêvé par tous les enseignants est presque partout atteint. Les normes fixées par l’UNESCO sont parfois dépassées ! Le travail est plus facile, moins stressant, on domine beaucoup mieux une classe de 20 élèves que celle de 40 ! » Même tableau en zone rurale où les écoles ont toutes les peines du monde à réunir l’effectif minimum d’une classe scolaire.
C. est directeur depuis des années dans une école datant de l’ère coloniale d’un gros village de la commune de Sidi Naâmane.
Il dresse le même tableau : « A chaque rentrée scolaire, on vit avec la peur des disparitions de classes pour manque d’effectifs. Sachez que nous essayons par tous les moyens d’inscrire les enfants, même ceux de 5 ans, que nous poussons à obtenir une dérogation de l’académie ! Le problème n’est pas uniquement la préservation des divisions pédagogiques, mais aussi de l’emploi des enseignants partout on est en surréffectif. La plupart sont universitaires et auront de la peine à trouver du travail ailleurs ! »
Résultat, certains collèges ont été obligés de supprimer des classes et des postes de professeurs. Certains villages de Sidi Naâmane (Boumhala, Tala Mkor) sous l’effet de l’insécurité et de l’exode ont vu carrément leurs écoles fermées.
Et les enfants qui sont retournés chez eux, ne peuvent même pas former une classe ! La baisse de la natalité que nous partageons désormais avec l’Occident explique-t-elle tout ? Est-t-elle la bienvenue ?
En attendant une étude sérieuse sur le terrain, cette situation fait bien des heureux : à commencer par l’enseignant qui voit sa charge de travail baisser, l’Etat qui n’a plus à s’essouffler dans les constructions nouvelles et consacrer ainsi son argent à équiper et moderniser les écoles existantes.
Et enfin, les parents soulagés des lourds frais scolaires peuvent assurer ainsi le meilleur parcours pédagogique à leurs progénitures !
Bouammar Ahmed
