« La violence juvénile est générée par plusieurs facteurs »

La Dépêche de Kabylie : La violence est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans notre société, notamment chez les jeunes, ne trouvez-vous pas ?

Kahina Hamitouche : Effectivement, la violence gagne de plus en plus du terrain dans la société et les jeunes en sont les plus touchés, ce qui est évident en ce sens que cette catégorie, surtout les adolescents, est a plus exposée à ce genre de phénomène.

Et comment expliquez-vous cet état de chose ?

La violence est générée par plusieurs facteurs qu’on peut distinguer en deux catégories. Il y a d’abord des facteurs familiaux et des facteurs sociaux, l’éducation joue dans le premier cas un rôle important

Le malaise social, engendré par le chômage, la mal vie…, est également pour quelque chose dans l’évolution de ce phénomène.

Mais toujours est-il que le facteur familial est l’élément le plus important, n’est-ce pas ?

Effectivement, la famille a un rôle important, le comportement d’un individu dépend de l’éducation qu’il reçoit à son enfance. Les rapports qu’entreprend la famille avec son enfant se reflètent généralement sur ce dernier, lorsque celui-ci grandit. Aussi l’enfant s’identifie à son entourage immédiat ; si ce celui-ci est agressif et violent l’enfant ne peut qu’être violent et agressif.

Qu’a la Kabylie de particulier pour que ce phénomène prend de l’ampleur dans la région ?

La violence est un phénomène mondial qui n’a épargné, plus ou moins, aucun pays. Souvent, il est généré par les mêmes problèmes que j’ai cités tout à l’heure.

Concernant la Kabylie, si elle a quelque chose de particulier, c’est surtout le manque de communication au sein de la famille, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur ses membres.

Et que préconisez-vous pour contrecarrer ce phénomène ?

Je suggère tout d’abord à ce que la prévention se fasse à tous les niveau, notamment dans la famille et aussi à l’école. Je vais d’ailleurs vous raconter une anecdote qui me vient à l’esprit en pensant à l’école : une enseignante dans une école primaire ici à Tizi-Ouzou, pour expliquer le point d’interrogation à ses élèves, n’a trouvé mieux que d’inviter les pauvres chérubins à imaginer une femme enceinte éventrée par des terroristes ! Que peut-on attendre de ces élèves ? Cela pour dire que l’école peut jouer un rôle tout aussi important que celui de la famille. Aussi, je préconise à ce que des campagnes de sensibilisation sur le sujet se fassent plus souvent. Il faut également multiplier des siminaires et des rencontres sur le thème, à mon avis, il faut doter les écoles de psychologues, car ceux-ci comprennent plus les problèmes des enfants et les jeunes pour tenter de limiter les foyers de toute forme de violence.

Propos recueillis par M. O. B.