Cette “leçon inaugurale’’ est destinée aux nouveaux exploitants des communes sud de la wilaya de Bouira et a eu lieu dans la ferme de la famille Boubakeur (lieu-dit Zeboudja, dans la commune de Dirah).
À cette occasion, M.Larbaoui, cadre-chercheur à l’INRA qui a pris cette initiative, a fait appel aux techniciens arboricoles de l’Institut de l’arboriculture fruitière (ITAF) pour donner des démonstrations concrètes et in situ sur les modalités de la conduite de la taille au niveau d’une oliveraie. Dans ses explications, le cadre de l’ITAF a brossé un tableau sur la culture de l’olivier en Algérie, les variétés des plants d’olivier (il y en a trente-six) et les besoins en sol, climat et soins culturaux de cet arbre ancestral. Suite à quoi, il passera aux gestes pratiques de la taille en sortant de sa poche un sécateur. Les invités sont principalement les nouveaux arboriculteurs de la région qui n’ont pratiquement aucune tradition dans cette activité.
Ce sont des céréaliculteurs ou éleveurs que les soutiens apportés par l’État- via des programmes pilotés par la Direction de l’agriculture et la Conservation des forêts-ont fini par convertir en arboriculteurs. Une grande partie d’entre eux continuent à pratiquer toujours en parallèle la céréaliculture et l’élevage. Mais, la nouvelle tendance vers l’adoption de la culture de l’arbre se confirme un peu plus chaque jour. À cela, la raison principale est l’impasse dans laquelle se trouvent les deux traditionnelles activités : les rendements trop faibles de la céréaliculture en sec et la diminution drastique de l’offre fourragère qui compromet l’élevage ovin.
En outre, les programmes publics injectés dans ce territoire à la limité de l’aridité (FNRDA, PER II, PSD,…) ne se sont pas contentés de mettre en place des vergers et de les confier à des bénéficiaires non préparés à cette activité. D’autres ouvrages, principalement liés à la mobilisation de la ressources hydrique y ont été réalisés : captages de sources et construction de réservoirs et abreuvoirs, réalisation de forages avec des bassins de stockage et des conduites d’irrigation, micro-retenues d’eau, canaux de déviation des eaux de ruissellement. Mieux encore, cinq retenues collinaires sont prévues dans ce territoire : trois financées sur le programme Hauts Plateaux (Ridane, Maâmora et Dirah) et deux sur le Projet d’emploi rural II cofinancé par la Banque mondiale (Dirah et Taguedite). C’est pourquoi, le mouvement vers le renforcement de l’arboriculture fruitière prendra tout son sens dans les prochaines années d’autant plus que la fonds de développement de la steppe interviendra incessamment pour financer près de 4 000 hectares d’oliviers dans cette région, opération connue sous le nom de ceinture oléicole ayant non seulement un objectif économique de haute importance, mais aussi un objectif écologique pour stabiliser les sols sous ces latitudes où l’optique de la lutte contre la désertification a toujours été un leitmotiv des pouvoirs publics.
À cette précieuse séance organisée par l’INRA, plusieurs administrations et structures ont été invitées, outre les populations-cibles que sont les oléiculteurs.
On note ainsi la présence des responsables de la DSA, de la Conservation des forêts, du président de l’APC de Dirah, du secrétaire général de la daïra de Sour El Ghozlane, etc. Pour le représentant de l’INRA, M.Larbaoui, cette journée de démonstration relative à la taille de l’olivier constitue un prélude à d’autres séances de travail qui porteront sur la fertilisation, l’irrigation, la récolte des fruits et d’autres problèmes techniques qui surgiront avec la conduite du verger. L’antenne INRA de Sidi Aïssa, limitrophe de la wilaya de Bouira, sera dotée d’un laboratoire d’analyse du sol qui aidera considérablement les agriculteurs de la région dans le choix des espèces à planter et dans les soins phytosanitaires et de fertilisation à prodiguer à leurs vergers.
Amar Naït Messaoud
