L’installation de la garde communale diversement appréciée

Ce geste aussi salutaire fut-il ne paraît pas être accueilli sans une remise en question par les habitants de la localité — notamment ceux du village Agouni Bouragh attenant au siège de l’APC. En effet, selon les nombreux résidants de cette localité ayant manifesté leur « opposition » à ce projet, certains ont tenu à nous approcher pour s’exprimer à travers nos colonnes. « Les autorités en charge du dossier ont dévié de leur objectif initial de cette opération », tout en soutenant mordicus que leur village au même titre que d’autres, n’est pas contre la sécurité, bien au contraire, disent-ils, « mais faudrait-il penser à éloigner ce corps de sécurité loin des habitations », se défendent-ils. « Même l’armée coloniale s’établissait jadis loin des habitations », fait remarquer un septuagénaire. Et d’ajouter : « C’est cela qu’ils appellent rapprocher l’administration du citoyen ? », s’interroge-t-il, avant qu’un autre jeune n’intervienne : « Comment peut-on envisager un instant d’implanter en ce lieu qui grouille de monde, matin et soir, un service de sécurité qui pourrait un jour avoir à réagir à une éventuelle incursion ou agression terroriste? ». Pour d’autres, ils accusent sans conviction le P/APC d’Aït Oumalou d’être derrière cette situation, expliquant le fait que c’est lui qui a délocalisé les bureaux de l’état-civil pour les affecter 300 mètres plus loin, alors que ce dernier, nous a-t-il dit, il y a quelques jours, qu’il n’est responsable de rien, puisque a-t-il affirmé encore d’emblée : « Je n’ai aucune prérogative pour prendre des décisions concernant le dossier sécuritaire, d’autant plus que les citoyens d’Ath Oumalou étaient tous au courant depuis 2007 que cette structure sécuritaire allait se mettre en place. Ce sont les hautes autorités de la wilaya qui ont fait le choix du site pour héberger ce corps de sécurité. Maintenant, s’ils obtiennent gain de cause pour le délocaliser de là, je ne peux pas m’y opposer. Ma responsabilité s’arrête seulement dans le bon fonctionnement de ses éléments, pas plus que ça ! » En attendant, tout ce que nous pouvons dire est que la situation demeure tendue entre les « opposants » et les autorités concernées.

D’ailleurs, une réunion entre les habitants et le chef de daïra de Tizi Rached, les autorités militaires confondues est prévue dans quelques jours pour disserter sur le pourquoi et comment trouver une solution à cet épineux problème.

La population d’Aït Oumalou aura-t-elle gain de cause pour délocaliser cette garde communale vers les locaux de « Tassedart » qui demeurent à leurs yeux les lieux les plus appropriés comme préconisé dès le départ ? Attendons pour voir.

S. K. S.