Un projet fantôme ?

Pour cause, reprennent les citoyens, c’est « la bureaucratie ». Mais, est-ce encore à cause de cette même « bête immonde » que des habitants ont été amenés par les autorités locales à redevenir, au grand jour, des S. D. F ?

En ce début de l’année 2006, l’APC d’Ouled Rached, après consultation des habitants du quartier Issoulah à Ouled Abdellah, décida de construire un habitat rural regroupé.

En effet, ce quartier qui est un des plus anciens dans le village, datant de l’époque coloniale et aussi appelé la Casbah, devrait abriter 20 logements. L’APC avait sollicité ses habitants pour lui céder leurs maisons pour qu’elle puisse leur construire 20 logements.

A la joie de ces habitants, d’en finir avec la précarité, les travaux de démolition ont été confiés à un entrepreneur. Tous ces habitants qui étaient naïfs, avaient même pris part à la démolition.

Par ailleurs, pour rappel, ces habitants sont logés soit chez un voisin, un proche, ou tout simplement, chez quelqu’un qui a accepté de les héberger pour « une période donnée ». Le 18/02/2006, le wali sortant inaugura officiellement ce projet.

A cet effet, il avait déclaré à l’adresse des habitants bénéficiaires que leurs logements seront achevés dans un délai maximal de six mois ! Ce fut, comme d’ailleurs, une promesse qu’un tel projet se soit finalisé aussi vite, mais ces habitants « n’avaient-ils le choix que de croire encore », nous racontera un de ces habitants. Par conséquent, ces habitants ont été amenés à fournir des « paquets » de documents à l’APC, pourtant « l’accord était clair entre nous et l’APC mais, de par la complication des procédures qu’on exige à chaque fois, on avait tendance à croire qu’on allait nous délivrer des visas », ironise cet habitant. Il y a belle lurette que les rêves de ces habitants ont commencé à s’envoler en éclat. A part quelques fondations, les travaux n’avaient pas avancé d’un iota. Dans leurs différentes requêtes et doléances à l’APC, ces habitants n’ont jamais reçu « une réponse raisonnable et logique », nous dira un autre habitant concerné par cette opération. En effet, l’APC leur a toujours répondu ; « En raison de l’absence du promoteur ! » Déçus et devenus des S. D. F, ils n’ont plus de maisons, deux de ces habitants ont dû « se retirer » du projet pour construire leur propre maison ailleurs.

D’autres ont même formulé le souhait d’être bénéficiaires de l’habitat rural, formule individuelle, pour pouvoir se loger dignement. Lors de sa dernière visite à la commune d’Ouled Rached, saisis par ces habitants, le wali, M. Bouguerra leur a expliqué que la formule de l’habitat regroupé n’est plus en vigueur. Ces habitants, après avoir assisté un certain 18/02/2006 à « l’inauguration officielle » du projet par le wali sortant, voilà le wali actuel vient de leur expliquer « officiellement » la fin de leur rêve !

Il faudrait dire qu’en examinant l’endroit qui, prétendument, abriterait les fameux 20 logements, il n’est en aucun cas une assiette de terrain capable de les recevoir.

Aujourd’hui, ce projet est devenu tout simplement un lieu de pâturage. Une demande d’audience a été sollicité par ces habitants au wali depuis le 16/02/2009 laquelle demeure sans réponse. Dans l’attente de voir le premier responsable de la wilaya de près, ces habitants vivent le calvaire.

Des questions sans réponses mettent davantage ces habitants dans le désarroi et la confusion. Seront-ils remboursés ? Qui devrait assumer toute cette anarchie ? Seront-ils ainsi pour toujours des S. D. F ? Enfin, il faut signaler que ces habitants comptent saisir la justice dans l’espoir, disent certains d’entre eux, de comprendre les raisons et les motifs de cette situation.

L. M.