Les raisons de la colère

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La wilaya de Bouira connaît depuis quelque temps une certaine ébullition sociale, due à plusieurs années de marasme mais aussi à un climat sécuritaire défavorable à l’essor économique de la région durant la décennie noire. Depuis l’arrivée du nouveau wali et malgré un certain “remue-méninges” effectué par le premier responsable de la wilaya, le front social s’est davantage exacerbé. Les ouvriers qui déplorent les conditions de travail dans lesquelles ils exercent, le pouvoir d’achat érodé et aussi le recrutement qui s’effectue dans une opacité récurrente font que les nerfs sont à fleur de peau. Une situation déplorable qui malheureusement perdure et risque de s’inscrire dans le temps si les autorités ne prennent pas les devants pour faire la lumière sur tous les dossiers qui paraissent “louches’’. Bouira, à l’image de nombreuses autres wilayas du pays, demeure encore victime d’une bureaucratie qui ne dit pas son nom et qui se cache derrière de faux-fuyants. En s’inspirant d’exemples concrets, on comprend aisément le ras-le-bol généralisé au niveau d’une wilaya où les choses ne se passent pas aussi normalement qu’elles devraient l’être. Les multiples concours organisés chaque année dans différents secteurs sont pour des raisons que l’on ignore trop souvent annulés par la Fonction publique à la dernière minute ? Pourquoi ? Question légitime mais qui, ne peut trouver de réponse sensée à Bouira. Le constat est vérifiable et les nombreux jeunes postulants à des concours affirmeront que la Fonction publique n’est pas toujours disposée à donner des explications sur ces annulations. La population de Bordj Okhriss, qui est sortie dans la rue pour exprimer son mécontentement, n’a pu être manipulée par une poignée d’individus distillant des ragots. Idem pour les citoyens de Haizer qui exigent simplement et purement le départ du premier magistrat de la commune. Il s’agit là en fait d’une accumulation de problèmes, de doléances soulevés, de préoccupations quotidiennes qui ne trouvent aucune oreille attentive. Ainsi considérée comme méprisée, reniée et rejetée par les pouvoirs publics, la population vouée à elle-même est fragilisée et demeure exposée à toutes manipulations. Les desseins de certaines structures politiques étant souvent malsaines et inavouées, il n’en faut pas plus pour utiliser de pauvres citoyens crédules pour ajouter de l’huile sur le feu. Un feu attisé par le malaise social qui couve dans plusieurs localités de la wilaya et qui illustré lors de l’élection présidentielle. Les habitants de quelques villages et hameaux avaient, dès les premières heures de la matinée, manifesté leur colère quant au scrutin qu’ils considéraient comme ‘’ vain et inutile ‘’. Le changement par la continuité ne menant à rien, il serait urgent de mettre en place un dispositif crédible et fiable pour permettre aux citoyens de renouer avec la sérénité et la confiance envers les pouvoirs publics. Mais là encore, malgré les instructions présidentielles visant à éradiquer certaines pratiques malsaines, comme la corruption, le favoritisme et le clientélisme, les ronds-de-cuir se complaisant dans un système hermétique, ne sont pas près de se préoccuper de l’avenir de leurs concitoyens.

Des Algériens qui ne demandent finalement qu’à travailler.

B. H.

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