Un footballeur de charme, un homme exemplaire

Il méritait bien cet hommage, Mustapha Zitouni, celui que lui ont concocté ses frères et compagnons de lutte, les glorieux membres de l’équipe FLN. Ils ont tous conservé ce sens du devoir et de la solidarité qui a toujours fait leur force et leur grandeur. A travers ce geste qui les honorent encore davantage, ils ont tenu à exprimer toute leur affection pour cet homme exceptionnel qu’est Mustapha Zitouni, footballeur de grande classe qui a défrayé la chronique en 1958 lorsqu’il tourna le dos à l’équipe de France et à la Coupe du monde de Suède pour aller sous les couleurs du drapeau national défendre la cause algérienne avec ses compatriotres et compagnons de la Guerre de Libération. Voilà un geste qu’on n’est pas près de revoir surtout par les temps qui courent, car pour gagner sa place en équipe de France, Mustapha Zitouni avait détroné le meilleur arrière-central de France et sans doute, l’un des meilleurs au monde de l’époque en l’occurrence Robert Jonquet. Cela ne troubla nullement l’enfant du quartier de Notre-Dame d’Afrique surplombant St-Eugène, là où Zitouni affûta son talent avant d’aller en France et surtout le fait d’être convoqué en équipe de France ne lui donna absolument pas la grosse tête car il évoluait déjà dans l’un des plus prestigieux clubs de l’Hexagone à savoir l’AS Monaco. Le personnage très humble de Mustapha Zitouni a toujours séduit les puristes par sa simplicité y compris dans son jeu fait d’une élégance et d’une technique raffinée et rare pour un défenseur. Il fut d’ailleurs, l’un des premiers défenseurs de charme que le football mondial a commencé a connaître dans les années 50. Mustapha Zitouni a toujours adoré son pays l’Algérie et pour preuve dès l’Indépendance il revint s’installer à Alger avec sa femme et ses enfants et joua même une finale de Coupe d’Algérie en tant qu’entraîneur-joueur du RC Kouba face au CRB en 1966, tout en continuant à offrir ses précieux services et son expérience à l’équipe nationale. Le jubilé qui lui a été consacré hier, n’est que le juste hommage rendu à un homme exceptionnel et exemplaire qui lutte encore aujourd’hui mais cette fois-ci contre la maladie. Le moins que l’on puisse lui souhaiter en cette circonstance est un prompt rétablissement et une longue vie car lui et ses frères de l’équipe FLN sont une légende vivante de l’histoire de l’Algérie.