Des habitants de la cité des Pins protestent

Des habitants de la cité des Pins, quartier populaire situé dans le faubourg d’Ifren en contrebas de la ville d’Akbou, ont rendu public une pétition dans laquelle ils protestent énergiquement et avec beaucoup d’insistance contre « la construction sur les conduites d’assainissement en sus de masquer la visibilité et l’aération pour nos habitations ».

Sur les lieux de la construction des deux immeubles destinés pour le recasement des familles du quartier Bouimchache dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire (RHP), des habitants affirment que la ravine, adjacente des deux immeubles en construction, draine toujours les eaux pluviales et en constitue le principal canal naturel d’évacuation. Cette ravine est entièrement obstruée par les remblais dégagés dans les travaux entamés par une entreprise de construction en bâtiment et dont le maître de l’ouvrage est l’OPGI de Béjaïa. Un employé de l’agence OPGI d’Akbou, qui a requis l’anonymat, nous a assuré qu’un VRD (voirie et réseau divers) accompagne cette construction et qu’une nouvelle conduite d’assainissement y sera aménagée en remplacement de l’actuelle qui, selon son avis, ne sera plus en mesure de recueillir toutes les eaux ménagères du quartier. Par ailleurs, d’autres habitants protestent contre la construction de l’immeuble bas (le deuxième bloc), et ce pour non-respect des normes de construction.

En effet, M. Hidja, géomètre expert foncier à Akbou, concerné par cette affaire, se plaint de « l’empiètement du chantier sur une propriété acquise par héritage appartenant à sa famille depuis 1972 », selon les termes d’une plainte déposée au niveau du tribunal d’Akbou. M. Hidja atteste que de par la loi, l’immeuble en question ne dispose pas de la servitude requise légalement, à savoir 10 m pour un immeuble d’une hauteur de 20 m. Selon lui : « L’absence de n° de permis de construire sur le tableau d’identification du chantier, constaté par un huissier de justice en date du 07 mai de l’année en cours, prouve l’impossibilité de l’établir car l’existence de la ravine fait que les deux terrains possèdent deux actes de propriétés distincts ».

Il en découle, selon lui : « L’impossibilité d’établir un seul permis de construire sur deux propriétés différentes, et ce même dans le cas où elles appartiendraient à un même individu ou organisme! ». Aussi, pour contourner cet écueil, termine M. Hidja : « C’est éventuellement dans ce sens qu’on procède au déversement du remblais sur la ravine pour la faire disparaître ! »

Notre interlocuteur au niveau de l’OPGI d’Akbou nous recommande pour avoir de plus amples informations, de se rapprocher de leur direction de Béjaïa. Toutefois, il assure que le remblais dégagé sera entièrement reversé dans les fondations de l’immeuble une fois les armatures en béton du sous-sol finalisées.

B. Sadi