C’est ce qu’a indiqué, avant-hier, Abdelhalim Achli, directeur de la qualité et de la consommation au ministère du Commerce, sur les ondes de la Chaîne III. Il ajoutera que «quel que soit le nombre de personnes en charge du contrôle, cela restera insuffisant. Car il reste impossible de couvrir tous les marchés du pays». «Le risque zéro n’existe pas», soulignera-t-il encore. Le responsable du ministère du Commerce est convaincu que sans l’implication active du citoyen, qui devra faire davantage attention aux produits et à l’endroit où il les achète, aucune mesure ne sera efficace pour lutter contre le phénomène récurrent des intoxications alimentaires, notamment en période estivale. A ce propos, le chiffre de 5 400 cas d’intoxications enregistrés par an est plus que significatif. Les contrôles sont effectués en permanence, été comme hiver, et en période estivale, précisera M. Achli, les interventions sont axées sur les produits périssables tels que les viandes, les produits laitiers… «Les services de contrôle sont outillés pour détecter par exemple un produit congelé et recongelé», indiquera le responsable du ministère du Commerce. Il annoncera aussi, à cet effet, que le ministère a entamé des actions de sensibilisation et de prévention qui passent d’abord par l’information en direction du citoyen, afin de mieux l’éveiller contre les risques de consommation des denrées alimentaires périssables et les multiples risques y inhérents. L’opération d’envoi de SMS par les services du département de M. Djaâboub s’inscrit dans ce cadre. En effet, selon l’invité de la Chaîne III, 7 millions de ces courts messages ont été envoyés. Concernant toujours le phénomène des intoxications, M. Achli notera que 50% des cas enregistrés le sont lors des fêtes de mariage et autres, monnaie courante en été, et sont liés notamment aux problèmes d’inattention, de négligence et d’hygiène des préparations des aliments et autres consommations. «Dans ce cadre, le contrôle ne peut intervenir», dira-t-il. Quelles actions à l’encontre des commerces informels qui ne cessent de proliférer sur la voie publique ? Le concerné répondra que le contrôle est réglementé par des lois qui stipulent que le contrôleur agit auprès des commerçants établis. Or, estimera-t-il, la vente sur la voie publique n’est pas considérée comme du commerce, mais plutôt une occupation illégale des lieux publics. Selon lui, c’est à la force publique de s’en occuper. «Cela étant, les contrôleurs peuvent intervenir s’ils constatent la vente de produits qui menacent la santé publique, à condition qu’ils soient accompagnés d’agents de l’ordre», a-t-il affirmé. Et d’expliquer que des poursuites judiciaires sont impossibles contre des activités qui ne sont pas enregistrées. La passivité des pouvoirs publics a-t-elle été la cause de cet état de faits ? «Absolument pas ! », répliquera l’invité de la Chaîne III. Et de poursuivre que «depuis la loi relative aux règles générales de protection du consommateur promulguée en 1989, plus de 200 textes d’application en découlant ont été mis en place. «Malheureusement les moyens n’ont pas évolué de la même façon», estimera-t-il. Mais les choses sont en train de changer et les moyens se mettent en place. Puisque, indiquera la même source, nombre de laboratoires de contrôle ont été ouverts ces dernières années, une école de formation pour agents de contrôle sera prochainement instituée, et 1 500 agents contrôleurs seront recrutés dans les prochaines années.
Elias Ben
