Les problèmes du cinéma en débat

La septième édition des « rencontres cinématographiques de Bgayet » s’est ouverte, hier; et s’étalera jusqu’au 19 juin prochain. La cinémathèque de la place du 1er Novembre et le TRB, où la manifestation se tenait traditionnellement, étant en pleins travaux de rénovation, La manifestation se déroulera, faute de mieux, à la Maison de la culture d’Aâmriou, où, faut-il le signaler, au cours de la même semaine se tiennent simultanément d’autres activités dont une semaine culturelle et le salon de l’artisanat.

C’est dire tout le besoin ressenti par la capitale des Hammadites en matière d’infrastructures culturelles et le mérite de l’Association Projets-Heurts qui a lancé la première édition en 2003 dans une ville où le manque de moyens financiers et matériel s’allie au manque criant des salles de projections.

Malgré toutes les embûches rencontrées, ces animateurs de l’association, par leur volonté et leur persévérance, ont pu redynamiser un tant soit peu la scène cinématographique à Bgayet. La programmation « Allons voir un film » qui était à l’origine bimensuelle est devenue hebdomadaire à la suite de la demande du public qui se fait de plus en plus nombreux à assister aux projections qui se dérouleront le plus souvent en présence des réalisateurs.

Les rencontres cinématographiques de Bgayet, tient à préciser Abdenour Hochiche, président de l’association Project-Heurts, lors d’une conférence de presse qu’il a animée, lundi, à la Maison de la culture, ne sont pas un festival du cinéma, en ce sens qu’elles excluent tout esprit de compétitivité. Elles permettent seulement, et c’est leur raison d’être, aux professionnels et aux amateurs du cinéma de divers horizons de se rencontrer et de rencontrer le public et d’avoir avec celui-ci une discussion et une réflexion sur les divers sujets relatifs au cinéma et à ses différentes facettes (esthétiques, techniques et autres).

Le thème retenu, cette année par les organisateurs, a trait au « regard des réalisateurs français et européens d’origine maghrébine sur le pays d’origine et qui émergent ». Nourris par leur double culture, celle du pays d’origine de parents où ils se ressourcent à l’occasion des vacances ou autres et celle du pays d’accueil où ils ont un ancrage permanent, ces cinéastes ont leur propre angle de vue concernant les deux sociétés.

A noter que l’ouverture de l’événement sera assurée par la projection du film Mascarades de Lyès Salem et la clôture par le long métrage Nahla en hommage à son réalisateur Farouk Beloufa.

D’autres films, notamment des courts-métrages, seront également projetés durant la semaine pour les confronter au regard du public et des professionnels.

La nouveauté des rencontres cinématographiques de Bgayet consiste en deux « cartes blanches » accordées cette année : la première au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand et la seconde au Festival international des films d’Afrique et des îles.

Ces deux organisations disposeront d’une heure ou deux chacune pour communiquer au public ce qu’elles jugent utile de présenter. Les activités telles que l’atelier de réécriture de scénario de courts-métrages, le café cinéma, le ciné-journal et la leçon du cinéma, qui existent dans les précédentes éditions sont maintenues.

Concernant la leçon du cinéma, elle sera donnée cette année par le critique Ahmed Béjaoui qui partagera sa longue expérience avec le public.

B. Mouhoub