Anarchie, désordre et saleté tel est l’effroyable décor qu’offrent les trois principaux marchés hebdomadaires que compte la daïra de M’chedallah qui se tiennent le lundi à Saharidj, mardi à M’chedallah et enfin le vendredi à El Adjiba ; en plus de ceux de moindre envergure, tenus quotidiennement dans toutes les agglomérations importances tels Raffour, Ighrem, Chorfa et Takarboust.
Des lieux d’activités commerciales composées à 80% de produits alimentaires non protégés tels les fruits, légumes, et poissons qui évoluent dans un indescriptible «bric-à-brac» qui n’a rien à envier aux dépôts de brocanteurs, le tout couronné de saletés, de puanteurs étouffantes et insupportables rendant l’air irrespirable pour les milliers de citoyens qui affluent vers ces marchés pour faire leurs emplettes en raison de la disponibilité et de la diversité des matières accessibles à toutes les bourses.
Si quelques uns de ces marchands ambulants disposent d’étalages démontables, la majorité cependant, étalent leur marchandise à même le sol sur de vulgaires bâches en plastique ou directement par terre. En plus des nuées de mouches et insectes de toutes sortes qui infestent ces lieux attirés par les odeurs du poisson pourri et des légumes et fruits avariés éparpillés tout autour des étals, les milliers de pieds qui foulent les allées de terre battue non aménagées, soulèvent un nuage de poussière qui en retombant, soupoudrent toutes ces matières alimentaires d’une fine couche grise. Il suffit d’une heure à peine après l’ouverture des marchés pour voir tous ces produits changer de couleurs ainsi que des mouches mortes collées.
Une vision qui donne des nausées telles est la marchandise proposée aux consommateurs par des vendeurs avides de gains faciles qui foulent au pied les règles d’hygiène les plus élémentaires, insouciants et en toute impunité, car ni les campagnes de sensibilisation ni les spots publicitaires émanant des gros medias publics ne sont parvenus à tirer de leur léthargie les services d’hygiène, encore moins, ceux de la santé publique ni même ceux de la qualité et des prix. Il suffirait de prendre une photo des marchés… «indigènes» des années 40 et faire la comparaison avec ceux d’aujourd’hui pour constater qu’ils n’ont pas changé d’un iota.
Tout ce beau monde, marchands et clients sont livrés à eux-mêmes, et chacun n’en fait qu’à sa tête selon ses propres intérêts sans tenir compte des désagrémets causés aux clients. Sinon, comment expliquer l’état de ces marchés à l’air libre non équipés d’étalages propres et d’autres systèmes de protection de ces produits sensibles, exposés aux irradiations d’un soleil caniculaire ; des produits dit de large consommation, qui quittent ces marchés à moitié périmés ?
Nous ne sommes qu’au début de la longue saison chaude qui s’étalerait sur les cinq mois à venir, une période à «haute risque» en matière d’épidémie et contaminations, une saison propice au développement de toutes sortes de microbes et autres virus. Il est temps que l’on s’en occupe de ces marchés, qui deviennent par la force des choses, d’effroyables foyers à toutes sortes d’épidémies.
Ce ne sont pas les P-V de réunion ou la diffusion d’arrêtés et circulaires qui réduiront les risques de catastrophes que présentent ces marchés mais plutôt des «hommes de terrain» capables de prendre le taureau par les cornes et précéder les événements. Il y a lieu d’agir vite et sans perdre de temps car l’Algérie dispose d’un arsenal juridique suffisant pour éradiquer ces fléaux, le maillon faible est sa mise en application ce qui n’est un secret pour personne.
O. S.
