Les pannes de courant électrique, dues à la vétuste du réseau sont l’objet de mécontentement des habitants d’Aït Sidi Saïd Oufella. « Les câbles, datant de l’époque coloniale, rompent au moindre souffle de vent, livrant nos maisons à l’obscurité, malgré nos appels répétés au service de dépannage », tempête un habitant. Que peut faire une équipe de permanence de nuit, face aux intempéries, avec un réseau électrique d’un autre âge ? Les autorités saisies, pas le passé, avaient promis de remédier à la situation. La fin du calvaire passera, inévitablement, par la rénovation du réseau, en câbles torsadés, résistant au vent et au poids de la neige. Au problème des coupures d’énergie, s’ajoute celui, non moins épineux de l’éclairage public. Une seule et unique lampe éclaire le lieu dit « Annar », au sommet de la colline. « C’est avec la peur d’être agressés que nous empruntons ces ruelles, sans éclairage, depuis bien longtemps. Pourtant, les supports sont dotés de lampadaires qui demeurent des éléments de décoration, bien inutiles. Le chemin reliant le village à l’entrée de la ville, est devenu le domaine des chiens errants qui y trouvent refuge à la faveur des ténèbres. Nul n’est à l’abri d’une agression à cet endroit par ailleurs isolé. C’est au moment où le gaz de ville, qu’on n’attendait pas de si tôt, est arrivé que la lumière recule », ajoutent nos interlocuteurs qui insistent sur la situation de leur village. En effet, bien que situé à la périphérie de la ville, le hameau des Aït Sidi Saïd ne peut en être dissocié. Les nouvelles constructions, faisant partie de l’extension de Michelet vers l’ouest et de celle du village vers l’est, ont comblé le vide qui séparait, naguère les deux agglomérations. On ne sait plus où s’arrête l’un ni où commence l’autre. De ce fait, on ne peut concevoir de projet, ignorant cette excroissance, même non désirée. Bientôt on ne parlera plus du village d’El Kern mais d’un quartier de la ville qu’il faudra prendre en charge en tant que tel.
A. O. T.
