Le CET otage de l’histoire ?

Si le projet d’implantation d’un centre d’enfouissement technique (CET) au lieu-dit Boukhaïma dans la zone rurale de la commune de Bgayet venait à être annulé, ce sera grâce, ou à cause, d’un fait d’histoire.

Le site aurait été le théâtre d’une bataille lors de la guerre de Libération nationale, le 22 juin 1957, une bataille qui s’était soldée par la perte de 45 combattants de l’ALN. «On ne peut pas implanter un CET sur les décombres d’une bataille de la guerre de Libération», tonnent des représentants de la «famille révolutionnaire».

Représenté par les trois associations de la région de Boukhaïma et la Fazorc (Fédération des Associations de la Zone Rurale de la commune de Bgayet) présidée par l’actuel élu et néanmoins ex-P/APC de Bgayet, Rachid Chebati, le mouvement associatif du Douar Madala, a organisé une rencontre avec la presse locale, mercredi dernier, en présence des représentants de l’ONEM, l’ONEC et la CNEC, et d’un autre élu de l’APC, Allaoua Mouhoubi.

Il s’agissait d’informer de l’état d’avancement de cette «affaire», mais aussi de dénoncer les propos, qualifiés d’intimidations et de pressions sur la population de Boukhaïma, tenus par le directeur de l’environnement de la wilaya sur les ondes de la radio-Soummam, propos à travers lesquels il avisait que «l’implantation du CET au lieu-dit Bouchakroune aura lieu même s’il faut utiliser la force publique».

Tout ce beau monde s’oppose au projet de CET. D’autant plus que «le commissaire enquêteur avait émis un avis défavorable, à la réalisation de ce projet, dans son rapport remis au wali de Bgayet, Ali Bedrici, le 23 mars 2009», explique Alaoua Mouhoubi. Ce denier promet d’ailleurs une contribution écrite qui sera rendue publique dans les jours qui viennent. Il déclarera aussi que l’APC de Bgayet n’a pas délibéré sur ce projet. Rachid Chabati, avait vainement demandé, le 23 mars 2009, une assemblée extraordinaire consacrée exclusivement au projet d’implantation du CET à Boukchakroune. Le même Rachid Chabati a été à la tête de la délégation, composée du mouvement associatif du douar Madala et de la famille révolutionnaire, qui a été reçue par le chef de Daïra de Bgayet, le jour même de cette rencontre avec la presse locale. Il a été décidé, dit-il, de faire une délimitation du champ de bataille où les 45 combattants de l’ALN sont tombés au champ d’honneur, et cela, lors d’une sortie qui sera organisée sur le terrain. Quant à l’implantation du CET, il faudra chercher un autre terrain.

Amastan S.