«Les résultats sont encourageants»

La Dépêche de Kabylie : Quels enseignements en tirez-vous de la saison 2008/2009 qui s’est achevée, il y’a de cela quelques jours ?

A. Mehidi : Avant de répondre à votre question, permettez-moi de vous dire que notre but était de lancer la discipline, développer et implanter le volley à Amizour. Il faut dire que le volley n’est pas considéré comme les autres sports, et il est difficile à développer pour la simple raison que les jeunes doivent s’y intégrer dés leur jeune âge, et c’est seulement de cette manière qu’un joueur peut s’affirmer au fil du temps. Pour les résultats, nos jeunes effectuent de bonnes entrées en la matière dans les mini championnats, et à chaque tournoi, ils terminent parmi les meilleurs au niveau de la wilaya. Déjà, on a un benjamin qui est parmi les trois, voire les deux meilleurs de la wilaya.

Votre satisfaction personnelle ?

Le fait de remporter un tournoi parmi les clubs plus huppés tels que El Kseur, qui se permet de battre le MBB, Tichy et El Flaye et qui sont les meilleures écoles de notre wilaya, est déjà une satisfaction en soi. C’est tout à fait normal qu’il y’ait des hauts et des bas, mais nos jeunes entrent sans complexe, par rapport à d’autres clubs.

A vous entendre parler, on devine que les jeunes sont animés d’une grande volonté pour faire sortir le volley de son mutisme…

Assurément, mais avec un petit peu de moyens qui sont indispensables dans la bonne marche d’une discipline. A Amizour, la majorité des gens ne vibrent en majorité que pour le football. En volley, imaginez qu’en hiver, nos jeunes ne travaillent pas avec les pluies…etc. Il faut dire que le volley n’est pas fait pour être pratiqué en plein air, et en période d’été, avec les chaleurs accablantes, c’est la même chose. Il y’a une salle au niveau du lycée, et si les autorités locales nous permettent de pratiquer ce sport, on peut facilement le développer à Amizour, et nos jeunes pourront se lancer dans cette discipline. Ce n’est qu’avec ces moyens que les résultats deviennent meilleurs.

Les infrastructures vous font défaut, mais…

Il y’a des contraintes, et les équipes des autres villes ont un volume d’entraînement normal, contrairement à nous, où il y a des semaines on fait carrément l’impasse. C’est pour vous dire que les portes sont presque fermées.

Pour beaucoup d’observateurs, le niveau des équipes de volley de notre wilaya a stagné, contrairement à celles des autres wilayas : un avis là-dessus ?

Beaucoup se demandent pourquoi le MCA, l’USM Blida, bref, les équipes du centre réussissent des résultats meilleurs, mais c’est par rapport aux moyens que possèdent ces équipes. Si vous prenez la majorité des clubs en Algérie, c’est des joueurs bougiotes, à 50, 60 voire 80 %, c’est-à-dire des jeunes placés un peu partout dans ces clubs. Pas loin de là que jeudi dernier, un match capital entre le MBB et le POC, qui verra le vainqueur s’adjuger le titre de champion, a vu la majorité des joueurs qui défendent les couleurs de Chlef et qui sont de Béjaïa. Pour les filles, c’est la même chose, à savoir Béjaïa contre Béjaïa et ce n’est pas Béjaïa contre le Mouloudia. En un mot, à Béjaïa, la formation existe, mais ce qui nous fait défaut, c’est le suivi qui est lié aux moyens presque inexistants.

On vous laisse le soin de conclure…

Que les autorités se penchent un petit peu sur cette discipline, qu’elles essayent de ramener un CSP à El Kseur par exemple. Prenez l’exemple de Tichy, ses jeunes souffrent parce qu’ils n’utilisent pas le CSP qui est à leur niveau. Dans tous les sports, il y’a des arrêts de jeu, mais en volley ce n’est point le cas.

Entretien réalisé par Rahib M.