Situées entre deux importantes bourgades Iroufa et Ilazazen, ces falaises hautes de plus de 60 mètres ont été façonnées par le cours d’eau de l’oued Sahel dont le violent courant des crues hivernales est refoulé par le «rocher pourri» à un km en aval et orienté vers le lieu de ces falaises composées de terres friables.
En creusant profondément au dessous, le courant a fini par provoquer des éboulements et glissements de terrains jusqu’à atteindre la base d’une haute colline longée du côté est par le ravin Ighzer Ougharef qui a créé des cratères gigantesques au flanc de cette colline qui longe sur plus de 600 m. Oued Sahel qui continue à creuser à sa base. A chaque crue, les éboulements continus ont fini par donner à cette partie de la colline, la forme de falaises abruptes qui s’avancent inexorablement vers la route de Sellim qui relie M’chedallah à Bouira via Haizer, ainsi qu’un groupe d’habitations. Cet effrayant précipice n’est à l’heure actuelle qu’à moins d’une dizaine de mètres de cette route à grande circulation, plus grave encore, la route située sur la partie supérieure par rapport aux falaises comporte à proximité, un virage en épingle à cheveux à la fin d’une descente à 90°, ce virage dangereux est à 15 m des falaises et rien ne les sépare qu’un ruban de terre. Malgré le danger de mort qui guette à chaque instant tous les usagers, personne n’a pensé à aménager un mur de protection ou du moins des glissières. Au moindre dérapage on se retrouve dans le vide et nul ne peut échapper à une mort certaine en cas de chute. Combien de chèvres et brebis attirées par l’herbe des bordures se sont retrouvées au bord du précipice piégées par les monticules de terre qui cèdent sous leurs poids.
Il est fréquent de voir des élèves qui fréquentent l’école primaire Azzouz Amar située à moins de 500 m venir jouer au bord des falaises. C’est un miracle que jusqu’à présent aucun enfant ne soit tombé ! Ni les autorités locales, ni même les citoyens riverains ne semblent être préoccupés par le danger de mort que présente ce précipice pour les automobilistes ou tout autre personne qui s’en approche, une incroyable négligence des uns et des autres. Nul besoin d’être géologue pour savoir que d’ici cinq ans au plus, le tronçon de la route serait « avalé » sur une distance de 400 m ainsi que quelques habitations. Il suffirait d’une pluviométrie moyenne…
Il y a bien longtemps qu’on aurait dû penser à arrêter la progression du précipice en usant d’un procédé des plus simples qui consiste à aménager un mur de soutènement du genre «gabionnage» pour lequel deux matériaux suffiraient, à savoir la pierre largement disponible sur place dans le lit de Oued Sahel et quelques dizaines de rouleaux de grillage Zimerman.
C’est un ouvrage d’abord solide, simple, et de moindre coût qui permettrait d’éviter des drames et préserverait des vies humaines. Hélas ! On est loin d’être imprégnés de la culture de prévention habitués que nous sommes à n’intervenir qu’après coup, soit après catastrophe.
Oulaid Soualah
