Polémique sur l’assassinat des moines de Tibéhirine, 13 ans plus tard !

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Ricochet intrépide dans l’affaire de l’assassinat des sept moines de Tibehirine en 1996. En effet, on se souvient de la campagne de lynchage médiatique qui a défrayé la chronique et dont a été victime l’armée algérienne poussant le général Lamari à tenir une conférence de presse en 2002 afin de démentir toutes les informations rapportées par certains médias et formations politiques sulfureuses et, notamment les adversaires du contrat de Rome (1995), qui ont innocenté tous les crimes commis par les GIA en accusant l’institution militaire algérienne de tous les maux.

Ainsi, 13 ans après cet acte qui a bouleversé la communauté catholique en Algérie, un rebondissement inattendu dans cette affaire vient comme un grain de sable semer la zizanie dans les relations algéro-française. Ce rebondissement ne doit certainement rien au hasard, quand on sait que les partisans du « qui tue qui ? » s’affairent toujours à compromettre un processus de paix entamé et une sérénité retrouvée. Ce rebondissement est-il une manière de défendre les partisans du “qui tue qui ?” et de justifier, à première vue, leur position prise ? François Buchwalter, général français, aujourd’hui à la retraite, à l’époque, attaché militaire à l’ambassade de France à Alger, a déclaré que le massacre des moines de Tibéhirine en 1996 « était une bavure de l’armée algérienne », selon l’AFP, qui a été repris par l’APS. Le général affirme avoir « recueilli les confidences d’un ancien militaire algérien » et dont le frère avait participé à l’attaque, précise la même source. L’information a été confirmée par plusieurs grands médias français. Selon la source rapportant les propos du général à la retraite Buchwalter, « les hélicoptères de l’armée algérienne ont survolé le bivouac d’un groupe armé et ont procédé à des tirs nourris avant de s’apercevoir qu’ils avaient atteint des moines qui étaient sur place ainsi que des terroristes ». Le général a été entendu le 25 juin dernier par le juge antiterroriste Marc Trevidic. Selon ce juge, « les autorités françaises savaient, au moment des faits, que l’attentat n’était pas commis par un groupe islamique armé qui ne représentait que la main-d’œuvre de l’opération ».

Les sept moines français ont été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère de notre Dame de l’Atlas à Médéa par les GIA de Djamel Zitouni, qui a revendiqué l’enlèvement et la séquestration des sept moines en proposant d’échanger les religieux français contre des frères religieux incarcérés à l’époque.

Un moine a été chargé de proposer l’échange par téléphone : « S’il vous plaît, faites ce qu’ils vous demandent sinon ils vont nous égorger. » Le groupe armé était clair : « Si vous libérez, nous libèrerons, si vous refusez, nous égorgerons. » Les sept moines seront égorgés le 21 mai et les GIA annonceront leur exécution deux jours plus tard. Néanmoins, et selon le général à la retraite, « les corps des moines étaient criblés de balles”. “Les sept moines ont été enterrés à Tibéhirine.” Selon le quotidien Le Monde, le témoin du juge Trébidic pourrait-il être l’informateur d’un journaliste italien, Valerio Pellizzari, qui avait fait des révélations en ce sens, il y a tout juste un an ? Cette affaire relance le débat du “qui tue qui ?” qui alimente la haine et lave de tous crimes les groupe armés comme pour les massacres du GIA commis à Bentalha et Raïs. Le plus curieux est que cela ne doit rien au hasard du calendrier, ce rebondissement dans cette affaire vient en plein Festival panafricain et au lendemain de la fête de l’Indépendance.

Hacène Merbouti

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