Rubrique animée par Hamid Oukaci
La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord, quelles sont vos nouvelles ?
Kamel Naït Yahia : Actuellement, je suis au repos après avoir quitté la formation d’Akbou, et ce à trois journées de la fin du Championnat. Je n’ai pas pu continuer à cause des problèmes que vit le club, tout de même, j’avoue qu’il y a une très bonne équipe qui recèle d’excellents joueurs.
Et parmi eux, les deux nouvelles recrues de la JSK que pensez vous de ces derniers ?
J’ai passé sept mois avec Saïdi qui est milieu défensif et Akouche qui est attaquant. Je dirais que la JSK bénéficiera de ces deux espoirs de notre football. En plus de leur grande qualité technique et physique, ils sont très disciplinés et surtout, ils aiment le club donc je crois qu’avec le travail, ils vont réussir une grande carrière.
Si on revient à vos débuts dans le football ?
Comme tout jeune algérien de mon époque, j’ai commencé à taper dans le ballon très jeune dans mon quartier, à Alger. Puis, j’ai signé ma première licence avec la formation d’El-Madania en catégorie minimes à l’âge de 12 ans où j’ai fait toutes mes classes.
Comment êtes-vous venu à la JSK ?
En 1979, on a joué contre la JSK en huitième de finale de la Coupe d’Algérie, j’ai fait un grand match et c’est à partir de ce jour, que j’ai tapé dans l’œil des dirigeants du club kabyle, mais mon intégration au club s’est faite l’année d’après, soit en 1980. Je me souviens que Khalef m’a envoyé Aouis pour me faire part de l’intérêt du club pour m’enrôler. Et bien sûr, j’étais fou de joie, à cause de mon grand amour au club et aussi de sa grandeur.
En venant d’un autre club, est-ce que cela ne vous a pas empêché de vous adapter ?
Pas du tout ! J’ai trouvé un climat favorable. En plus, n’oubliez pas que je suis kabyle donc, je me suis intégré facilement dans le groupe. Je souligne, aussi qu’à l’époque, dès que tu mets les pieds à la JSK, tu te sentais chez-toi. C’est tout le monde qui te sollicite et qui t’aide ; il y avait des grands messieurs qui ont marqué en or, leurs noms dans les annales du club.
Comment avez-vous trouvé le club ?
Tout d’abord, jouer à la JSK était une fierté et un honneur pour moi. Le club représentait toute une région dont je suis originaire. En plus de l’enjeu, il y avait cette rage de vaincre. Quand on rentrait sur le terrain, on ne pensait qu’à nos supporters. Personnellement, j’ai passé les plus beaux jours de ma vie avec la JSK. On était une famille soudée. Là, il n’ y avait pas de leadership. Chacun faisait de son mieux pour l’intérêt du club. Sans oublier, bien sûr, le grand apport des deux entraîneurs, khalef et Zyvotco et bien entendu, le travail de fourmis fait par Saïd Kouba qui était un homme à tout faire à l’époque.
Vous avez passé six années avec la JSK, quelles sont les souvenirs que vous avez gardé de ce club ?
Je vous assure que j’ai gardé que de bons souvenirs. Grâce à la JSK, je me suis fait un nom, j’ai gagné des titres… J’étais reçu avec mes collègues par le président de la République. En plus de tout cela, je me souviens d’une phrase que Zyvotco m’avait dite juste avant le début du match retour de la Coupe d’Afrique, à l’époque, l’équipe avait perdu par deux à zéro en match aller. En rentrant au pays, Khalef a décidé de faire reposer les joueurs qui ont joué au match aller donc on s’est déplacé à Oran pour un match de Championnat et j’ai joué cette rencontre étant donné que, je n’ai pas participé au match aller de la Coupe d’Afrique. Ce jour-là, j’ai fait un grand match sous le regard attentif de Zyvotco. De retour à Tizi-Ouzou, alors que Khalef a voulu faire jouer le même effectif du match aller, Zyvotco est intervenu pour lui faire part de ma grande performance. Effectivement, j’étais aligné d’entrée et juste avant le match, Zyvotco m’a pris les mains et m’a dit «je te fais confiance, alors soit un homme». C’est une phrase qui est restée graver dans ma tête, Dieu merci. On a fait un grand match et on a assuré notre qualification.
Il y avait aussi votre participation en Coupe d’Afrique en 1981, alors que vous n’étiez pas qualifié
J’ai participé aux rencontres de la Coupe d’Afrique en 1981, alors que je n’avais même pas de licence africaine. J’ai joué avec la licence de Haffaf qui était blessé, il y avait aussi Bahbouh qui était suspendu et Menad non qualifié, qui ont joué avec d’autres licences.
Malgré que vous vous retrouvez bien à la JSK, vous avez fini par la quitter, quelles sont les raisons ?
Disons que j’étais forcé de le faire, au début tout marchait très bien, mais par la suite, j’avais des problèmes avec l’entraîneur qui ne me faisait pas jouer souvent. Alors, j’ai pris la décision de demander ma lettre de libération pour pouvoir évoluer ailleurs. Donc, j’ai opté pour le RC Kouba en 1986-1987 et puis, j’ai joué deux saisons avec la JSM Tiaret de 1987 à 1989 et enfin, avec l’USM Blida durant la saison 1989-1990 où j’ai arrêté complètement de jouer, et ce à cause d’une grave blessure que j’ai contracté au bras droit.
Vous avez joué contre la JSK en évoluant sous d’autres couleurs ?
Absolument, j’ai affronté la JSK à plusieurs reprises entre 1987 et 1990. Mais, je ne vous cache pas qu’à chaque fois qu’on affrontait la JSK à Tizi-Ouzou, j’avais un sentiment particulier, surtout quand je défendais les couleurs de la JSM Tiaret. Le hasard a voulu qu’on se retrouve avec cinq anciens joueurs de la JSK, à jouer contre notre ancien club. C’était un match particulier pour moi et pour tous mes camarades; à l’image de Tchipalo, Meftah, Cherfaoui et Iratni. Les supporters ont même applaudi les deux équipes, c’était quelque part, une reconnaissance pour nous, pour tout ce qu’on a donné au club.
Après votre retraite, comme joueur, avez-vous entamé une carrière d’entraîneur ?
Absolument ! Après mon retrait comme joueur, j’ai commencé la carrière d’entraîneur en 1990. A l’époque, tout international ouvre droit à un diplôme de premier degré, donc, j’entrainais plusieurs clubs, à l’image de Mechtras, Sidi Naâmane, L’ASTO et El-Madania. Après, j’ai fait le stage de deuxième degré, par la suite, je suis parti pour un nouveau challenge à Aïn Bessam où on a réussi l’accession en régionale. J’ai entrainé plusieurs clubs, comme Sidi Aïssa, Dar El-Beïda, Lakhdaria, la Montagne, la JS Bordj Menaïel et enfin, Akbou.
Vous avez fait plusieurs clubs, qu’est-ce que vous avez inculqué aux jeunes que vous avez entraînés ?
Je leur demande beaucoup de travail et surtout d’écouter, car c’est seulement le travail qui paie, mais aussi d’être disciplinés, le secret de chaque réussite réside à mon avis, dans ces valeurs et puis, je leur dit que ; malgré que vous évoluez dans un petit club, vous pouvez faire une grande carrière car, avec le travail, on arrive à concrétiser ses vœux.
Etant technicien que pensez-vous de l’équipe nationale ?
Je pense qu’il y a un bloc bien soudé, l’avantage est ce qu’on concrétiste les occasions en attaque et derrière, il y a un très bon axe défensif qui est composé de Haliche, Antar Yahia et Bougerra, et qui donne l’assurance aux autres joueurs, en plus de ça, ce sont des joueurs de cœur, je leur tire chapeau bas, sans oublier le grand travail de l’entraîneur qui a réussi à faire une osmose entre les joueurs.
Un dernier mot pour conclure ?
A chaque fois qu’on m’évoque la JSK, j’ai la chair de poule. Les moments inoubliables que j’ai passés au club, me reviennent souvent, je profite de cette occasion pour passer un message aux supporters de la JSK afin de les remercier pour leur soutien.
H. O.
Itranddk@yahoo.fr
