Chahla Takka, une grande dame anonyme

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Chahla Takka (du nom de son époux) est originaire de Tala Abdallah. Son défunt mari, Mohand Saïd, accompagné par ses frères, la demandera en mariage. Il l’épousera. Il était heureux, même pauvre, très pauvre, il se consolait à l’idée que ses 4 fils le récompenseraient. Il ne travaillait pas, par la suite, vieux et atteint de cancer. Il n’y avait personne pour l’aider sauf sa femme qui trimait dur, car ses 4 fils sont tous tombés au champ d’honneur pour leur patrie, témoignait Tahar Outamzirt, habitant de Tighilt Makhlouf. Na Rezkia reprendra : “Chehla a souffert. Elle a élevé ses enfants, dans la misère, à la sueur de son front. Après que les moudjahidine nous eurent rassemblés disant que c’était un devoir de se battre pour son pays, Chahla répliqua que ses fils seraient comme tous les autres…” Ils ont beaucoup fait. A chaque mort, de ses fils, elle cachera dignement sa douleur, en lançant des youyous. “Vous étiez pour la liberté. Vous n’êtes pas morts”. L’autre témoignage, parmi une multitude d’autres, est le poème composé par Rahma Ouaïssa, récupéré par Smail Djenadène auprès de Fatma Mahmoud Takka. Rahma Ouaïssa est morte après avoir vécu un siècle et 10 ans. Chahla vivra le calvaire tout au long de sa vie post-indépendance, misérable elle a vécu, misérable elle mourra. Elle vivra de son travail de femme de ménage à la poste. Son mari mourra.Elle trimera pour elle, pour survivre désormais. Symbole de courage, de patience et de modestie.

T. Y.

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