Feux et incendies : ça flambe partout

Aucune zone du vaste territoire de la Daira de M’chedallah n’échappe aux flammes qui ravagent la région à la faveur des pics de chaleur observés ces temps-ci.

Depuis quinze jours, il ne se passe pas une journée sans que 4 ou 5 foyers d’incendies ne soient enregistrés ça et là, mettant en alerte permanente l’effectif réduit des sapeurs-pompiers largement dépassés par l’ampleur de ces incendies qui n’épargnent aucune commune provoquant un désastre sans précédant dans les cultures et le tissu végétal réduit à sa simple signification.

Ces incendies sont aussi à l’origine d’un climat local infernal,étouffant, l’air est irrespirable, les nourrissons et les personnes âgées sont durement éprouvés, comme il est fréquent de tomber sur des cadavres d’animaux sauvages que ces incendies ont délogé de leur milieu naturel terrassés par la soif et la déshydratation.

Nous avions dans un récent passé tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises à travers les colonnes de la Dépêche de Kabylie, sur cette prévisible situation que constituent les départs en séries des feux en raison des herbes sèches et au manque d’entretien et désherbages en bordure des routes d’où sont partis la plupart des incendies.

C’est à se demander où sont passées les équipes de  » Blanche-Algerie  » qu’on  » dit toujours opérationnelles, mais qui ont disparu sur le terrain.

C’est une opération qui doit être prise en charge par une… commission d’enquête de haut niveau pour s’enquérir de la manière par laquelle ont été dépensées des enveloppes faramineuses et qui n’ont été d’aucun secours ni d’une quelconque utilité à l’environnement auxquels elles sont destinées, une opération qui n’est en fin de compte qu’un…tir à blanc.

De nombreux champs céréaliers sont partis en fumée au même titre que des dizaines de vergers d’arboricultures auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’hectares de pins d’Alep dans les commune d’El-Adjiba, Ahnif et Ath-Mansour où un immense incendie de forêt fait rage depuis quinze jours dans le maquis de Chréa en progressant suivant de la chaîne de montagnes jusqu’à atteindre les monts des Bibans à l’extrême est de la wilaya qui vont sans doute subir le même sort — étant entretenus par des vents forts et permanents sur ces hauteurs — provoquant d’incalculables dégâts sur la faune et la flore de cette zone de forêt vierge que les officiels se contentent d’observer de loin sans aucun état d’âme.

Que faut-il faire pour arrêter cette catastrophe quand les officiels ferment les yeux et que la population subit sans réagir les conséquences de ces défaillances à tous les niveaux ? Faire appel au président de la République ou à des ONG internationales ? Quand se déciderait-on à combattre ces atteintes répétées au cadre de vie de la population ?

L’exemple le plus récent et le plus concret de ces défaillances est la manière par laquelle est menée l’opération d’envergure nationale dite d’entretien des forêts dont l’objectif est de réduire justement l’ampleur des dégâts que causent chaque année en période estivale les feux des forêts, une opération couronnée par des sous-traitances douteuses, réalisation bâclée (ça se passe en forêt en toute…sécurité) où il n’y a aucun risque d’inspection, la situation sécuritaire étant la meilleure garantie. Le seul «bénéfice» qu’ont tiré les forêts traitées est de se voir amputé de leurs meilleurs arbres destinés à servir dans les constructions à usage de… « pieds-droits » forts prisés par les constructeurs. il n’y a qu’à faire une tournée au niveau de quelques chantiers du bâtiment pour découvrir ces pieds-droits encore verts, car issus de la dernière opération de nettoyage des forêts clôturées il y a quelques semaines.

Les services techniques chargés du suivi se contentent quand il y a des concernés pris en flagrant délit de la saisie de ces troncs d’arbres adultes qu’ils revendent à leurs tours et chacun y trouve son compte. Les services de sécurité de Saharidj avisés en savent quelque chose ! Résultat: en plus d’avoir perdu une bonne partie de la végétation, ces forêts n’ont tirée aucun avantage sur le volet protection ou réduction des risques d’incendies auxquels elles restent vulnérables et exposées durant toute la saison estivale.

Oulaid Soualah