« La baisse du taux de réussite au bac est due au niveau faible des élèves »

En effet, ces résultats sont jugés faibles, notamment par les parents d’élèves. Ce recul est dû, selon le premier responsable du secteur, en l’occurrence M. Benbouzid, au niveau faible des élèves. Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne III, à l’émission, l’Invité de la rédaction, le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, M. Khaldi, a apporté des explications concernant le taux de réussite au baccalauréat de cette année. Un taux en recul par rapport aux deux dernières éditions notamment l’année dernière où le taux de réussite avait franchi les 57%. Lors de sa communication, le représentant du ministère de l’Education a nié catégoriquement toutes les rumeurs et les ouï-dire, parlant d’un taux de réussite avoisinant les 70%. « Le ministre de l’Education nationale n’a jamais déclaré que nous allions atteindre un taux de réussite de 70% pour cette année. Certes, le ministre a déclaré seulement que si le système de la réforme est soutenu et si des mesures sont prises sur un certain nombre d’années, nous allons atteindre les 70% », a-t-il rectifié. Dans le même sillage, l’invité de la Chaîne III a en outre justifié le recul de cette année par le niveau faible de nos élèves constituant la promotion de cette année. Il convient de savoir, par ailleurs, que cette promotion est la dernière de l’école fondamentale. « Vous allez voir la différence avec les élèves qui arriveront en terminale, l’année prochaine. Ils seront la première promotion depuis l’application des réformes et vous allez voir que le taux sera plus important », a-t-il promis.

Nonobstant cette importante régression, l’orateur estime que le bac ne fera pas l’objet de réforme ou de mesure particulière. Il est à savoir, par ailleurs, que le Cnapest a prévu avant même les examens un taux de réussite faible, avoisinant les 30 à 45%, ce qui est vraiment le cas.

Cet état de fait a inquiété tout le monde, sauf le ministère de l’Education, qui n’était pas surpris de ces résultats, sinon comment expliquer les dires de M. Khaldi. « Au niveau de notre ministère, nous savions dès le début que les résultats ne seraient pas importants, parce que nous connaissions bien le niveau des élèves et comment ils sont arrivés en terminale. C’est un taux satisfaisant si on tient compte des particularités de cette population », a-t-il souligné, avant de poursuivre : « Les élèves qui ont passé le bac cette année ont des particularités. Car ce sont des élèves qui ont refait au moins une fois, voire deux ou trois fois leur BEF. Ce sont des élèves qui ont été admis au lycée avec trois particularités : ils avaient au moins 18 ans alors que l’enseignement obligatoire c’est 16 ans au CEM ; ils ont juste des moyennes de 10 à 11/20 ; lorsqu’ils sont arrivés au lycée, ils ont drainé avec eux des redoublants. Heureusement, que nous avons sauvé plus de 110 000 élèves qui seront à l’université et je peux vous affirmer que leur niveau est faible », disculpe-t-il. Mais la question qui mérite d’être posée est de savoir si ces élèves ne sont pas les victimes du système éducatif algérien. Enfin, M. Khaldi a souligné, lors d’un point de presse animé hier au niveau du siège de son ministère, qu’il existe des établissements au niveau national qui ont obtenu des taux de réussite oscillant entre 80 et 89%.

Y. Maouchi