Entre insuffisances et malfaçons

Ce lycée a ouvert ses portes en 2008 alors qu’il était encore en chantier ; une procédure beaucoup plus politique que pédagogique, sinon comment expliquer sa mise en service avec la moitié des lots secondaires encore en chantiers et non réceptionnés à l’image des VRD ; aucune cour n’a reçue de revêtement réglementaire en pavés où l’on s’est contentés pour lui donner une forme acceptable d’user d’un simple « barbotage » qui n’a pas résisté plus de trois mois aux agressions d’un climat des plus rudes ; l’une de ces cours qui est surélevée, car réalisée sur le flanc d’une haute colline, n’a pas tardée à enregistrer des mouvements d’affaissements faisant de cette plateforme une mare où s’accumule l’eau de pluie interdisant son usage pour les exercices de culture physique auxquels elle fut prédestinée ; un mur de soutènement à moitié réalisé a été a l’origine de l’effrondement de la clôture sommairement aménagée à l’aide de grillage Zimmermann faisant la joie des meutes de chiens errants, de chacals et même des sangliers qui s’y engouffrent chaque nuit pour fouiner dans les poubelles en engageant des batailles rangées pour la nourriture.

Tout ce scénario se passe du côté sud du lycée étroitement ceinturé par la forêt et plongé dans un noir le plus absolu en raison d’un éclairage inopérant. Ce lycée ressemble par son actuel décor beaucoup plus à une ancienne…ferme du Far West qu’à un établissement à vocation éducative. Ce sont des vétérinaires et autres dresseurs de fauves qui doivent y exercer en ces lieux et non des professeurs de science et d’histoire géographie ! Pour « boucler le boucle », « on » a tout simplement omis d’affecter à ce nouveau établissement scolaire un nombre suffisant de gardiens et agents de sécurité ; aussi, il est fréquent de voir le cuisinier remplacer l’unique concierge, des agents de maîtrise faire le ménage ou l’économe reconverti en… factotum, quant au proviseur et le surveillant général qui occupent les logements de fonction, ils se chargent de la corvée d’eau à tour de rôle,sachant que depuis la première semaine de canicule, l’eau a cessé de couler dans les robinets même durant la période des examens de fin d’année.

L’allée qui mène à ces logements d’accompagnement ressemble à un tronçon du rallye Alger-Dakar par ses bosses, sa poussière et ses nids-de-poule. Les laboratoires, ressemblent toujours à de vulgaires hangars n’ayant reçu aucune dotation en équipement et matériel adéquats. C’est vrai que sa mise en service s’est effectuée sous la forte pression exercée par le wali précèdent sur les responsables de l’éducation qui voulait coûte que coûte l’intégrer dans son bilan des réalisations.

Nous croyons savoir que les entreprises chargées de la réalisation des lots secondaires inachevés ont dû abondonner les travaux pour cause de non payement des premières tranches réceptionnées. On a tourné le dos à ce lycée après avoir obtenu « gain de cause », soit immédiatement après sa mise en service à moitié réalisé. Si cet établissement a fonctionné « normalement », le mérite, tout le mérite revendrait à son personnel tout corps confondus qui n’a ni reculé ou s’est découragé face à cette série de contraintes énumérées ; un personnel qui a refusé d’abdiquer ou de baisser les bras galvanisé par le seul souci de sauver de la déperdition les centaines d’adolescents et de relever le défi de réussir malgré tout en alignant dans une position honorable leur lycée en matière de réussite et de classement.

Bien que la tempête qui s’est abattue sur la Direction de l’éducation de la wilaya de Bouira est loin de se calmer et inscrite à durer dans le temps, ce lycée est condamné à fonctionner et à ouvrir ses portes pour la rentrée prochaine dans les mêmes conditions à moins que…Ali tout-terrain (wali) n’agite sa main lourde comme il nous a habitués.

O. S.